Ma maison est ta maison

2017-09-04 16:18:37
Lianet Hernández
Ma maison est ta maison

Depuis sa création en 1959, la Casa de las Américas (Maison des Amériques) bénéficie d’une autonomie relative au sein du ministère de la Culture et cherche à faire dialoguer, depuis Cuba, écrivains, artistes et intellectuels du continent et à diffuser leurs œuvres.

Juste à l’intersection de la 3e rue et de la célèbre avenue des Présidents, à quelques pas seulement du Malecón de La Havane et en plein cœur du quartier du Vedado, on trouve une maison, la maison de tout le continent.

C’est l’une des plus belles constructions de style Art déco des années 1920 à La Havane. En ce XXIe siècle, elle présente une couleur gris terne, quelques stigmates de son âge sur les fenêtres et une mission annoncée au visiteur par une image de l’Amérique, scellée dans du ciment en haut de la façade.

Ceux qui y viennent pour la première fois et qui ne connaissent rien ou presque de l’histoire que renferment ces murs peuvent penser que ce n’est qu’un musée, un lieu qui accueille des réunions et des concerts, des événements ou peut-être un centre de recherche dans la ville. C’est en effet tout cela, mais c’est bien plus encore.

Que renferme la Casa ?

La Casa de las Américas, qui affiche autant d’années que la révolution cubaine et qui fête son anniversaire quatre mois plus tard, a vocation, depuis 1959, à faire dialoguer écrivains, artistes et intellectuels du continent et à diffuser leurs œuvres.

Le travail mené lors de sa création par Haydee Santamaría, héroïne de la révolution, et par d’autres personnalités intellectuelles de l’époque comme Harold Gramatges, Lesbia Vent Dumois, Mariano Rodríguez, le Guatémaltèque Manuel Galich et l’Uruguayen Mario Benedetti entre autres, a influencé l’histoire de ce lieu.

Cuba es la capital, une fresque du Chilien Roberto Matta, créée pour la Casa en 1963 avec de la terre des environs, est l’œuvre qui accueille le visiteur à l’entrée principale.

Au-dessus, au dernier étage, on trouve la salle qui porte le nom de Che Guevara à l’ombre de l’arbre de vie qui était il y a encore quelques années le plus grand au monde.

Cette œuvre emblématique marque tous les événements qui se déroulent dans cette salle. Les œuvres d’arts constituent une partie importante du patrimoine culturel conservée par la Casa de las Américas.

On trouve aussi des salles de concerts et de conférences, une librairie qui porte le nom de Rayuela, le Salón de la Présidence et d’autres espaces. Les départements de musique, théâtre, arts plastiques, communication et image, le Centre de recherches littéraires et le Centre d’études des Caraïbes, la maison d’édition, la bibliothèque et les programmes d’études sur la femme, sur les Latinos aux Etats-Unis, sur les cultures autochtones d’Amérique sur l’Afro-Amérique, ont tissé au fil des années un réseau dans les domaines de la recherche et de la culture, le tout sous la tutelle du poète et essayiste Roberto Fernández Retamar, secondé par un groupe de spécialistes.

Les nombreuses activités menées dans le cadre de la Casa tout au long de son histoire ont été l’occasion de rencontres personnelles entre les plus grands écrivains et artistes du continent. Il s’agissait, dans un premier temps, d’intellectuels hispano-américains, mais ceux-ci ont ensuite été rejoints par des Brésiliens et des Caribéens anglophones et francophones.

Les événements organisés par la Casa de las Américas, et notamment le prix littéraire qu’elle décerne, mais aussi les prix de composition et de musicologie, les colloques sur la diversité culturelle dans les Caraïbes, les journées théâtrales de mai et les activités estivales ont joué un rôle important dans l’histoire des affiches cubaines. La Casa a constitué une référence obligée pour le graphisme cubain, qui a connu une période d’essor pendant les années 1960. De nos jours, elle reste une référence pour le graphisme mais aussi pour le design éditorial.

La Ventana, le portail web d’information de la Casa, son site internet, la revue numérique Arteamérica, les catalogues virtuels de la bibliothèque et de la maison d’édition, tout comme une activité intense sur les réseaux sociaux illustrent cette nouvelle facette présentée par cette institution depuis une décennie.

Tous ces médias travaillent de concert et proposent un programme de travail intense qui s’étend tout au long de l’année, avec des campagnes de communication de plus en plus ambitieuses et un réseau commercial international, pour montrer au public une Casa ouverte à tous, au visage éternellement jeune après seulement cinq décennies d’existence.

Traduction : F. Lamarque

Habana XXI

Habana XXI s’efforce de retranscrire, que ce soit par l’image, le son, ou l’écrit, la vie quotidienne de La Havane et de Cuba à un public hétéroclite, curieux, intéressé, souvent non résidents. Toujours en dehors des grands débats politiques, économiques ou des thèmes couramment traités par les médias officiels, Habana XXI souhaite au contraire faire témoigner les Cubains de tous les jours, la société dans son organisation actuelle, à travers des lieux, des traditions, des expressions culturelles parfois méconnues. Habana XXI privilégie la chronique comme mode d’expression,  pour sa forme plus humaine, plus proche des réalités de l’île. Prédomine donc la « première personne » dans les témoignages, exprimant ainsi une expérience vécue représentative de la Cuba du XIXe siècle. Habana XXI sur Youtube. 

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