Nouvel an à Remedios… Assourdissant mais joyeux

2014-12-22 20:25:33
Joseph Carballo
Nouvel an à Remedios… Assourdissant mais joyeux

Soyez les bienvenus aux « parrandas » du centre de l’Île: une fête sans aucune comparaison possible, unique en son genre à Cuba. Pendant la période des fêtes de Noël, les cubains célèbrent à Remedios le début de la fin de l' “ancienne année” et les éventuelles et futures bénédictions à venir.

Joseph Carballo

Dans une pittoresque ville au cœur de Cuba, les gens s’apprêtent à fêter un Noël assourdissant mais joyeux, et surtout drôle. Cette tonitruante célébration que sont les « Parrandas » de Remedios sont considérées comme les festivités les plus anciennes du pays et pour beaucoup, un événement pyrotechnique majeur sur l’Île.

Ses origines remontent au XVIième siècle. Alors que les paroissiens du père Francisco Vigil de Quiñones ne s'intéressaient guère à l'anniversaire du Messie, le jeune prêtre de l’Église Paroissiale Majeure de San Juan de los Remedios envoya, à la veille de Noël, tous les enfants des huit quartiers réveiller le voisinage.Il leur demanda de faire retentir tout objet bruyant disponible tels que sonnailles, tambours ou trompettes afin d'appeler les fidèles de façon tapageuse aux Messes de l'Avent.

On raconte qu'ainsi est née cette coutume qui devint un jour Patrimoine Culturel de la Nation, avec son caractéristique duel annuel entre les quartiers de San Salvador et El Carmen. Rien de tel que cette bataille colorée pour dire « au revoir » à l'année en cours. C'est le point final aux nombreux mois de préparations, de complots et de dessins de carrosses faits dans le plus grand secret jusqu'à aboutir aux fameux « travaux de place » dont les surprises font incliner la balance en faveur d'une bande ou de l'autre.

Cette fête ne connaît par ailleurs aucun perdant car chaque voisin est fermement persuadé que son quartier est le vainqueur. Et les dizaines de milliers de participants s'amusent tellement que peu importe le verdict. Depuis le premier son du carillon jusqu'à ce que s'achève l'abondante pyrotechnie, la nuit à Remedios brille de tous ses éclats même si elle se retrouve un peu endommagée par les explosions car partout... la fête bat son plein.

Lorsque les batteries des feux d'artifices commencent à rugir, nombreux sont ceux – surtout les visiteurs – qui se réfugient sous les larges arches pour se protéger d'une pluie d'artifice à laquelle les habitants de Remedios sont déjà habitués. Cette ville héberge des familles ayant une solide tradition en pyrotechnie et même ceux qui ont souffert d'un quelconque accident ne tournent jamais le dos aux feux de Bengale. Après tout, ce ne sont que d'honorables blessures de guerre...

Les supporters de San Salvador s'habillent de rouge et bleu et ont fait du coq leur symbole pendant que ceux de El Carmen portent principalement du marron clair et ont pour emblème un aigle.

Le 24 décembre à neuf heures du soir tapantes, les cloches paroissiales retentissent de plus belle et chaque bande commence à dévoiler ses nouvelles « armes ». Les carrosses se mettent à défiler, les lanternes à se balancer, les « travaux de la place » à dévoiler leurs merveilleuses entrailles et les feux d'artifices assourdissent et illuminent la nuit.

Remedios est, sans aucun doute, la capitale des “parrandas” à Cuba. C'est à cet endroit qu'a été défini son actuelle organisation au XIXième siècle avant de se répandre à 17 villages voisins. La « parranda » est endémique de la région du nord de Cuba et se différencie des autres carnavals existants dans le reste du pays ou des « Charangas de Bejucal », qui sont sans doute les fêtes qui lui ressemblent le plus sur l’Île.

Les autres « parrandas » renommées sont celles de Camajuani (Crapaud contre Chevreaux), de Caibarién (La Loma et La Marina) et de Vueltas (« Ñañacos » contre « Jutíos »).

Si les années ont passé et que certaines choses ont sans doute changé, ce qui perdure est la spontanéité des habitants de Remedios

Elles sont toutes un brassage de danse, de musique et de cérémonies traditionnelles afin de faire de la « parranda » une précieuse coutume qui se perpétue de génération en génération. En général, la filiation se transmet en héritage, bien que chacun soit libre de choisir son camp. En effet, certains vivent dans le même pâté de maison, peut-être même sous le même toit et appartiennent néanmoins à des quartiers différents.

Si les années ont passé et que certaines choses ont sans doute changé, ce qui perdure est la spontanéité des habitants de Remedios. Cette ferveur a toujours été le moteur infatigable de cette flamboyante fête … qui rend sourd.

OnCuba

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