Où en est l'investissement étranger à Cuba?



Les pays ayant manifesté le plus d'intérêt à Cuba ces derniers mois sont l'Espagne, l'Italie, la Chine, le Panama, le Brésil, le Mexique, le Canada, la Russie, la France et le Portugal. Si l'on jette un œil aux projets qui sont actuellement en cours de négociation, les secteurs les plus représentés sont l'industrie, les activités de logistique et les énergies renouvelables.

Depuis un an, les nouveaux statuts pour l'investissement étranger à Cuba ont beaucoup fait parlé d'eux. L'inauguration des premiers 700 mètres du port de Mariel, la ratification et la mise en marche de la Loi 118 ainsi que la présentation du nouveau porte-feuille d'affaires qu'offre l'Île aux entrepreneurs étrangers ont marqué les différentes étapes de cette période.

Mais le changement le plus important a eu lieu à partir du 17 décembre dernier, date à laquelle a été annoncée une nouvelle ère dans les relations entre Cuba et les États-Unis. Il s'agit là d'un nouveau cadre dont l'objectif est clairement économique et entrepreneurial.

Selon le Docteur en Sciences Économiques Omar Everleny Pérez Villanueva, professeur titulaire du Centre d’Études de l’Économie Cubaine (CEEC), « l'attrait majeur de Cuba est son emplacement face à un marché potentiel énorme, à savoir les États-Unis. De plus, elle met à disposition des investisseurs le soutien de centres de recherches scientifiques et techniques, ainsi qu'un capital humain fortement éduqué, et donc capable d'assimiler avec rapidité les nouvelles technologies ».

Néanmoins, quelques questions persistent. Que s'est-il passé dans la Zone Spéciale de Développement de Mariel depuis son inauguration ? Combien de demandes d'investissements y ont été déposées ? Quelles sont celles qui ont été validées? Parmi celles-ci, y en a-t-il en cours de réalisation ?

Pour les journalistes d'investigation, l'énorme « discrétion » avec laquelle ces informations ont été maniées vis-à-vis de la presse ne permet pas, jusqu'à présent, de calculer les dimensions du changement que ce nouvel environnement est en mesure d'offrir.

La Zone Spéciale de Développement de Mariel, située à environ 45 kilomètres à l'ouest de la capitale cubaine, est réalisée par Odebrecht, une entreprise du BTP brésilienne. Elle compte sur le financement de la Banque Nationale de Développement Economique et Social (BNDES), la banque de développement du gouvernement de Brasilia.

Une fois terminée, cette zone comprendra six terminaux portuaires, une infrastructure logistique pour le pétrole, un chantier naval, un club nautique et plusieurs postes d'amarrages au service de la flotte auxiliaire. Et n'oublions pas qu'il s'agit également d'une zone franche bénéficiant de régimes fiscaux, douaniers, monétaires et bancaires spécifiques, avec des garanties pour les investissements.

Dans le méga-port, situé dans une baie aux eaux très profondes, pourront accoster les grands navires Post-panamax, capables de transporter plus de 12 mille containers.

Elément central du lieu, le port absorbera le trafic de marchandises qui, durant des siècles, s'est concentré dans la baie de La Havane.

Récemment invités à une conférence organisée par le Centre d’Études de l’Économie Cubaine, les représentants du Bureau des Réglementations confirment que deux dossiers sont d'ors et déjà approuvés, sur les centaines de projets présentés par des entreprises étrangères depuis novembre 2013. Et la première entreprise à s'installer là-bas sera la mexicaine Richmeat.

Yanet Vázquez, directrice adjointe, a également annoncé qu'il faudra attendre la clôture du premier semestre 2015 pour en savoir plus sur ce qu'il se passe à 45 kilomètres de La Havane. Cependant, elle a déjà précisé que la tendance qui prédomine dans les premières négociations, ce sont des entreprises au capital entièrement étranger.

Elle a confirmé par ailleurs que les pays ayant manifesté le plus d'intérêt à Cuba ces derniers temps sont l'Espagne, l'Italie, la Chine, le Panama, le Brésil, le Mexique, le Canada, la Russie, la France et le Portugal. Elle explique que « si l'on jette un œil aux projets qui sont actuellement en cours de négociation, les secteurs les plus représentés sont l'industrie, les activités de logistique et les énergies renouvelables ».

De plus, « le principe de guichet unique a éliminé, dans la pratique, la pesanteur bureaucratique à laquelle l'investisseur étranger devait faire face autrefois. Le traitement groupé des licences, permis et autorisations requises pour pouvoir travailler dans le pays se concentre dans notre bureau à travers un système innovant ».

Considérée par certains comme « l'espoir de Cuba » dans son cheminement vers le développement et par d'autres comme le hub de l'Amérique, la Zone Spéciale de Développement de Mariel est axée sur la promotion des exportations de biens et services. Mais elle permettra aussi de contribuer aux substitutions effectives des importations, d'augmenter les emplois ; le tout dans une articulation constante entre le commerce international et l'économie interne.

Ces gigantesques travaux engloberont une large infrastructure qui prévoit des routes, des voies ferrées et des connexions rapides vers plusieurs aéroports, en plus du port et du terminal des containers ultra-modernes.