Plaza del Carmen

2017-04-05 20:10:05
Ernesto San Juan
Plaza del Carmen

Par Ernesto San Juan

La ville de Camagüey, ancien bourg de Santa María del Puerto del Príncipe, classée Patrimoine de l’humanité par l’UNESCO en 2008, a déjà plus de 500 ans. Elle doit son nom actuel au cacique Camagüebax, qui exerçait son autorité sur les territoires situés entre les rivières Tínima et Hatibonico, là où les Espagnols, à leur arrivée dans l’île, bâtirent leurs premières maisons. Le nom indigène de Camagüey était déjà employé à l’époque pour désigner cette région. En 1898, lorsque Cuba devint indépendante de l’Espagne, ce nom devint le nom officiel de la ville et de la province, même si, dès 1878, les mambís (les insurgés) nommaient déjà ainsi cette dernière (qui était une région militaire pour la République en armes).

La ville de Camagüey abrite en son centre historique douze places et dix-huit placettes qui sont autant d’invitations à se promener, à voir, à photographier et à prendre du bon temps. La Plaza del Carmen est l’une des plus pittoresques.

Dans les rues pavées bordant la place, on remarque les sculptures de l’éminente plasticienne Martha Jimenez. Faites en poudre de marbre, elles sont célèbres dans le monde entier et tous ceux qui se rendent dans cette ville ont un rendez-vous obligé avec elles.

Toutes ces sculptures vivantes à échelle réelle surprennent le visiteur à son arrivée sur la place et peut-être même que ce sont elles qui l’invitent au débat, à l’échange.

Création et patrimoine

La construction de la Plaza del Carmen date des premières décennies du XIXe siècle, alors même que commence à se développer une architecture populaire variée caractérisée par des patios extérieurs irréguliers et des façades colorées, très modestes, sans ordre ni style clairement définis. Aujourd’hui, leurs couleurs bigarrées font partie de leur charme et de leur singularité.

Sur cette place survivent quelques joyaux architecturaux du début du XIXe siècle, illustres représentants d’un style colonial imposant. Autour de la place, on trouve l’ancien hôpital pour femmes, construit en 1823, qui abrite aujourd’hui l’école primaire Martha Abreu ; l’église de Nuestra Señora del Carmen, qui date de 1825, la seule de la ville à avoir deux clochers, et finalement, mais non moins important, le monastère des Ursulines, inauguré en 1829.

Ce bâtiment colonial, qui abrita durant les premières années qui suivirent sa construction une école pour filles, est l’un des plus importants du centre historique de la ville. Dans les années 90, il commença à faire l’objet de travaux de restauration, puis devint le siège du Bureau du Conservateur de la ville. C’est donc de là qu’on veille à la préservation du patrimoine architectural de la ville et qu’on met en place des activités destinées à mieux faire apprécier les richesses patrimoniales de son centre historique.

Vie artistique et culturelle

Un singulier projet socioculturel a été mis en œuvre dans la ville. Y participent un groupe d’architectes, d’ingénieurs et de sociologues, ainsi que des leaders naturels de la communauté. À cette fin, ils ont établi dans les environs de la ville des ateliers dans lesquels on travaille à la restauration et à la conservation de pièces. En outre, ils étudient sur le terrain les constructions et les coutumes et donnent de petits cours d’appréciation du patrimoine architectural, musical et socioculturel. Ils associent les habitants à leurs activités, développant ainsi chez eux un sentiment d’appartenance et de défense de leur identité locale propre.

Pour donner des couleurs à la vie sur la Plaza del Carmen, s’y succèdent des animations qui relèvent des manifestations artistiques les plus diverses — arts plastiques, danse, théâtre, musique classique — et à l’occasion desquelles les artistes se mêlent aux habitants et aussi aux visiteurs pour créer.

Il est très courant d’arriver sur la place et d’y trouver plusieurs enfants en train de faire des dessins sous la direction d’un peintre de la ville, ou alors d’entendre une mélodie jouée par deux violonistes à l’entrée de l’église. Il ne s’agit pas simplement d’animations programmées ou de moments artistiques purement formels, mais d’instants où l’art jaillit spontanément. Mais ce qui rend cette place unique, c’est de voir comment vous, moi, ou n’importe quel passant se sent invité à participer au moment artistique.

 

Habana XXI

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