Quartiers de La Havane : Vedado

Le Vedado



Par : Sofía D. Iglesias

La Havane est un centre culturel en soi. Les maisons de la culture, les projets communautaires, les galeries, entre autres, lui donnent cette allure artistique que tout le monde veut découvrir. Toutefois, un quartier de la capitale, le Vedado, est particulièrement riche en matière culturelle.Les principaux cinémas, salles de théâtre et galeries de la capitale se trouvent dans ce quartier résidentiel.

Selon le journaliste et chroniqueur Ciro Bianchi, les origines du quartier et son nom remontent à 1858, « quand la mairie de La Havane autorisa le morcellement du domaine El Carmelo ».

Dans son livre Casas y cosas del Vedado (Propriétés et chroniques du Vedado), Ciro Bianchi explique : « La propriété appartenait à Domingo Trillo et Juan Espino et allait de l’avenue Paseo à la rivière Almendares et depuis ce qui est aujourd’hui la 21e rue jusqu’au bord de mer. Peu après, le comte de Pozos Dulces, économiste et publiciste très connu à l’époque, et ses sœurs obtenaient l’autorisation de fractionner leur domaine qui occupait l’espace qui va aujourd’hui de l’avenue G à la 9e rue et jusqu’aux alentours du restaurant El Carmelo. L’urbanisation se poursuivit en direction à la rue Infanta, alors limite est de la capitale cubaine, et aussi vers le fort El Principe. Plus tard, l’ensemble de ces différentes zones prit le nom de El Vedado, (nom qui signifie espace interdit) étant donné qu’il était défendu d’y vivre, de semer la terre, d’abattre des arbres, d’élever du bétail pour protéger La Havane ».


Les débuts de Vedado

Le boulevard du bord de mer, le Malecón, est l’un de ses principaux attraits où se donnent rendez-vous amoureux, amis, chanteurs, personnes de tous les âges attirés par la beauté de la mer et du coucher du soleil. Les hôtels qui jalonnent le Malecón impriment une certaine modernité aux environs.


Photos: uneac.org.cu

C'est dans les cinémas Charles Chaplin, 23 et 12, Riviera, Yara, La Rampa où sont projetés en primeur les films qui passent ensuite dans les salles du reste du pays. Ils sont aussi le siège de différents festivals de cinéma, en particulier au mois de décembre avec le Festival du cinéma latino-américain, véritable fête du Septième art à La Havane.

Les salles de théâtre ne manquent pas non plus dans le quartier. Sur la rue Línea, une des principales artères, se trouvent les salles Mella, Trianon, Raquel Revuelta, La Casona, Berthold Brecht…

Des pièces classiques et contemporaines sont aussi présentées dans d’autres théâtres du quartier : Hubert de Blanck, Guiñol, El Sotano.

Le glacier Coppelia, surnommé à juste titre « La cathédrale de la glace », est aussi un point de rencontre. Des centaines de personnes y dégustent chaque jour de délicieuses glaces pour mieux supporter la chaleur.

La cathédrale de la glace
Photo : blog.dimecuba.com

Près de là, à l’angle de la 23e rue et de la rue N, s’érige « el Pabellón Cuba », un important centre culturel polyvalent où l’on peut assister aussi bien à une exposition, à une démonstration d’art culinaire ou à une foire. C’est aussi le siège officiel de l’association Hermanos Saíz qui regroupe les jeunes talents artistiques.

Un autre centre plus récent et très en vogue actuellement, La Fábrica de Arte Cubano, est la matérialisation du projet mis en marche par la famille Alfonso, tous musiciens. Après avoir occupé provisoirement différents espaces de la capitale, il a maintenant pour siège l’ancienne huilerie El Cocinero. On peut y voir les tendances les plus modernes des arts visuels et écouter les meilleurs musiciens nationaux et étrangers.

Il est impossible d’énumérer tous les centres artistiques des principales rues de ce quartier. S’y promener à l’ombre des arbres, c’est un peu respirer le passé mais aussi l’avenir.

Les motivations peuvent être différentes, mais les visiteurs du quartier, qu’ils soient natifs ou étrangers, trouvent toujours un prétexte pour y revenir et même pour y rester.