Quels sont les dix films cubains les plus populaires ?

2017-11-07 16:05:12
Olivia Ameneiros
Quels sont les dix films cubains les plus populaires ?

 

La cinématographie cubaine porte le sceau de l'humour, de l'idiosyncrasie et de la thématique sociopolitique du pays.

Quiconque en visite à Cuba au mois de décembre peut constater que les Cubains sont des cinéphiles impénitents. Rien ne les arrête, ni le froid, ni le manque de transport public. Ils remplissent jour après jour pratiquement toutes les salles de cinéma de la capitale durant le Festival international du cinéma latino-américain de La Havane.

Cette passion du septième art n'est pas fortuite. Malgré la situation financière difficile qu'elle a traversée pendant de longues années, la cinématographie cubaine a été et continue d'être une référence pour le panorama culturel latino-américain.

Les films produits dans l'île, la plupart à partir des années 60, boivent à la source de la tradition culturelle et d'une situation politique complexe et unique.

Les plus importants reflètent la réalité de Cuba à ses différents moments historiques, mais toujours à partir d'une vision très cosmopolite et havanaise.

On y retrouve un humour autochtone et une personnalité insulaire très particulière. La production nationale se caractérise aussi par la présence constante de scènes intimes qui ont amené certains spécialistes à parler d'un cinéma sexuel.

Néanmoins, la situation politique et sociale du pays, difficile et polémique, est l'un des sujets qui revient constamment dans la filmographie nationale.

Les cinéastes les plus connus de ces cinquante dernières années sont, entre autres, Tomás Gutiérrez Alea, Humberto Solás, Pastor Vega, Juan Carlos Tabío, ainsi que plusieurs jeunes réalisateurs.

Cubanía vous propose dix films à ne pas manquer si vous avez l'intention de venir à Cuba, ou si vous voulez en savoir davantage sur le septième art de la plus grande île des Antilles.

La muerte de un burócrata (La mort d'un bureaucrate) (1966 ). Il relate les péripéties de la famille d'un ouvrier modèle qui a été enterré avec sa carte de travail. Ses proches se doivent de récupérer le document, faute duquel sa veuve ne peut toucher la pension. Ce film est une satire sociale exquise qui dénonce la bureaucratie, un mal ancré dans l'île, et ses conséquences.

Memorias del subdesarrollo (Mémoires du sous-développement) (1968). Ce film nous rapporte l'histoire de Sergio, un bourgeois qui vit les transformations de Cuba en 1962. Il décide de rester à La Havane bien que toute sa famille ait émigré aux Etats-Unis. Il assiste alors en simple spectateur aux changements qui se produisent dans la société cubaine postrévolutionnaire, à laquelle il ne réussit pas à s'intégrer. Ce long métrage figure sur la liste des mille meilleurs films de tous les temps du New York Times.

Lucia (1968). Trois histoires contenues dans un seul film, celles de trois Cubaines à différents moments historiques du pays : la guerre d'indépendance (1895), la lutte contre le dictateur Gerardo Machado (1933), et les premières années de la révolution. Cette production est considérée comme l'un des dix films les plus importants de l'histoire du cinéma ibéro-américain.

Cecilia (1981). Il s'agit d'une histoire d'amour tragique entre Cecilia, une métisse ambitieuse, et Leonardo, un jeune aristocrate blanc, dans le cadre de la société esclavagiste cubaine. Le film s'inspire du roman Cecilia Valdés, de l'écrivain cubain Cirilo Villaverde, considéré comme l'œuvre la plus importante du XIXe siècle en Amérique latine.

¡Vampiros en La Habana! (Vampires à La Havane!) (1987). Jugé comme le meilleur film d'animation cubain réalisé jusqu'à présent, il se distingue par son humour burlesque et ses traits de satire noire. Il s'agit d'un vampire qui a créé le Vampisol, une potion qui permet à ces personnages de se promener à la lumière du jour. Dès que la nouvelle parvient aux oreilles des grands clans de vampires, ceux-ci se rendent à La Havane pour s'emparer de la formule. Ce film est le deuxième long métrage d'animation de Juan Padron, créateur du célèbre cartoon cubain Elpidio Valdés.

Plaff o Demasiado miedo a la vida (Plaff ! Sortilège à Cuba ?) (1988). Une comédie sur la vie de Concha, une femme dans la cinquantaine qui déteste sa belle-fille et veut mettre fin aux liens qui unissent le jeune couple. Mystérieusement, des œufs viennent s'écraser sur les murs de sa maison et chaque « plaff » lui rappelle ses suspicions ou ses préjugés.

Fresa y chocolate (Fraise et chocolat) (1993). Un des films les plus polémiques projetés à Cuba au beau milieu de la crise économique. L'argument est tiré du récit Le loup, la forêt et l'homme nouveau, de l'écrivain cubain Senel Paz. Aussi bien le livre que le film abordent ouvertement et pour la première fois la question de l'homophobie, la relation complexe entre l'Eglise et l'Etat et les concepts orthodoxes sur le communisme. David est un jeune communiste conservateur qui étudie les sciences sociales à l'université de La Havane, alors que Diego est artiste, croyant, homosexuel, érudit, avide de culture universelle et d'histoire non officielle de Cuba. Malgré leurs profondes différences, les deux personnages réussissent à engager une profonde amitié.

Guantanamera (1995). Cette satire sociale est l'histoire d'un cortège funèbre peu conventionnel et d'un camion qui font un même trajet. Au fur et à mesure qu'ils avancent sur la route, une série de péripéties amusantes unissent peu à peu les personnages. Les situations drôles et absurdes qui se présentent durant le parcours sont aussi le reflet des moments difficiles que vivait le pays en pleine crise économique, connue à Cuba sous le nom de Période spéciale.

Suite Habana (2003). Il s'agit d'un film documentaire qui offre un panorama de la ville vue par les gens qui l'apprécient, mais aussi qui l'endurent. Différentes trames, différents personnages et différents endroits vécus à la première personne par des personnages anonymes et particuliers qui survivent dans La Havane du début du siècle. C'est tout simplement un essai audiovisuel bourré de contradictions et de contrastes sur ceux qui aiment ou qui critiquent la capitale cubaine. Ce film a obtenu le prix Goya en 2003, décerné au meilleur film étranger en langue espagnole et au meilleur film documentaire.

Conducta (Chala, une enfance cubaine) (2014). Reconnu comme l'un des meilleurs films des cinq dernières années, c'est l'histoire de Chala, un garçon de onze ans, et de la vie difficile qu'il mène dans la Cuba de nos jours. Le personnage vit dans un climat de violence, aux côtés d'une mère toxicomane et alcoolique qui se consacre à entraîner des chiens de combat pour subvenir aux besoins du foyer. Le gamin fréquente l'école sans toutefois échapper à sa situation marginale et conflictuelle. Son institutrice, Carmela, s'avère son meilleur soutien.

Traduction : Alicia Beneito

Habana XXI

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