Un moyen de transport sûr : la voiture à cheval



Par Sofia D. Iglesias

À Cuba, les chevaux font presque toujours penser à la campagne. Ils font revivre l’image d’Épinal du paysan qui utilise cet animal pour labourer la terre, et qui, le soir venu, le lave, le peigne et le fait beau, puis fait sa propre toilette, pour aller ensuite sur sa monture attendre sa fiancée aux limites de l’exploitation agricole. C’est parce qu’en matière de transport, la voiture à cheval est toujours l’option la plus sûre.

Dans les moments difficiles de la Période spéciale, dont les séquelles se font encore sentir aujourd’hui, le transport public a considérablement baissé. Le manque de tout a fait des autobus des animaux en voie de disparition. À ce chaos, le génie populaire des provinciaux a apporté une solution pratique, économique et faiblement polluante : les voitures à cheval. Je ne crois pas qu’il existe un seul village à Cuba où ce moyen de transport ne se soit pas développé !

Dans des villes comme Cienfuegos, Pinar del Río, Ciego de Ávila et Santa Clara, pour n’en citer que quelques-unes, les voitures à cheval transportent entre huit et dix passagers sur des trajets qui vont de cinq à sept kilomètres. Tout dépend du nombre de chevaux attelés et du nombre de passagers assis que peut contenir la voiture. La plupart de ces engins ont un toit, une rampe où se tenir, un marchepied pour monter et descendre, et certains ont même de la musique et des ventilateurs.

Les voitures à cheval se regroupent dans une sorte de gare routière d’où elles partent pour les divers endroits qu’elles desservent. Durant le trajet, elles s’arrêtent là où les passagers qui veulent descendre le demandent et en font monter d’autres en chemin si elles ont des places libres. Par ailleurs, de nombreux cocheros — c’est ainsi que l’on appelle les conducteurs de ces véhicules — attendent patiemment dans ces gares routières que quelqu’un loue leur voiture, ce qui leur permet de faire le même trajet pour le même prix, mais avec moins de passagers.

La voiture à cheval, dans la mesure où elle respecte la réglementation relative à la protection des animaux et à la propreté des rues, s’avère être une solution pertinente pour le transport des personnes à l’intérieur des communes qui permet d’éviter de subir tous les désagréments que peut représenter le bus aux heures de pointe.

Dans la capitale

À La Havane, par contre, la voiture à cheval devient autre chose. Disons qu’elle prend un caractère plus exotique. On la voit embellir les places et les parcs de la Vieille Havane ou stationner à proximité des sites historiques en attendant les touristes qui voudront, pour un prix bien différent de celui des voitures de provinces, s’offrir le plaisir d’une tranquille promenade culturelle rythmée par le bruit des sabots de l’animal.