Une oasis de verdure au coeur de La Havane

2017-11-06 16:32:26
Luna Valdés
Une oasis de verdure au coeur de La Havane

Dernière résidence de Máximo Gómez, le général dominicain qui lutta pour l’indépendance de Cuba, elle a aussi abrité à un moment donné le jardin botanique de La Havane. Aujourd'hui, c'est une symbiose de nature et de savoir.

La Quinta de los Molinos, située au cœur de la capitale cubaine, est au nombre des espaces qui séduisent de par leur beauté naturelle et leur histoire. Elle est considérée Monument national depuis le siècle dernier.

Sur une étendue de 4,8 hectares, elle abrite plus de 170 espèces végétales, dont certaines  endémiques de la flore cubaine ; plus de 66 espèces de la faune sylvestre : mollusques, amphibies, reptiles, oiseaux et mammifères. La Quinta se divise en plusieurs espaces, offrant aux visiteurs des jardins ornementaux et d'autres réservés aux orchidées et aux mariposas (la fleur nationale de Cuba), des pépinières écologiques, des étangs, des fontaines, des pigeonniers et un enclos réservé aux animaux.

Pourquoi le nom de Quinta de los Molinos?

Ce domaine doit son nom à l’existence de deux moulins à tabac qui appartenaient à Martin Arostegui, président du Comptoir Royal du Tabac, et qui broyaient les feuilles pour obtenir du tabac à priser, un produit très apprécié en Europe à la fin du XVIIIe siècle.

Ce type de tabac était aspiré par le nez pour goûter à son arôme ou utilisé pour bourrer les pipes. Les moulins tournaient grâce à la force des eaux provenant du Canal royal. Ils ont continué de fonctionner jusqu’à la deuxième moitié du XIXe siècle.

Un moulin devenu jardin

Après la disparition de ce système appelé les Moulins du Roi, le domaine accueille le premier Jardin botanique de La Havane et aussi la construction du logement de villégiature des Capitaines généraux.

Le célèbre naturaliste cubain Felipe Poey Aloy y effectue bon nombre de ses recherches sur les plantes et les animaux. De son côté, Alvaro Reinoso y expérimente sur la culture de la canne à sucre.

En 1906, le jardin est inscrit en tant qu’espace de référence important au niveau du Système mondial des jardins botaniques.

Photo: Charles D. Fredricks & Co | Résidence des Capitaines généraux, 1850-1870 | www.ecured.cu/Archivo

Maison de villégiature dans un paradis verdoyant

En 1836, Miguel Tacón y Rosique, alors capitaine général de Cuba, donne l'ordre d'y construire une maison de villégiature pour les officiers supérieurs de l’île.

Le choix de l’endroit répond à ses conditions naturelles, à son ambiance bucolique, à la fraîcheur du climat, et au fait qu'il se situe à proximité de la forteresse du Castillo del Principe et du Paseo de Tacón.

Les ingénieurs Francisco Lemaur et Manuel Pastor se chargent de la construction, à l'origine un bâtiment modeste à un seul étage avec terrasse et trois corridors dotés de persiennes sur la façade. La bâtisse communique avec d’autres maisons voisines, réformées et destinées aux employés, aux remises et aux écuries du Capitaine général.

En 1843, sous le gouvernement de Leopoldo O’Donnell, l’habitation est agrandie, car d'aucuns estiment qu'elle n'est pas à la hauteur de ce que doit être la demeure du Capitaine général.

La marqueterie en bois précieux et le style éclectique, caractéristiques des grandes demeures créoles, y sont reproduits.

Selon certains récits, la Quinta de los Molinos est la dernière résidence du général dominicain Máximo Gómez, qui participa aux luttes pour l’indépendance de Cuba.

La Quinta du nouveau siècle

Elle fait aujourd'hui l'objet d’un projet de restauration et d’un programme de développement environnemental communautaire, sous la direction du Bureau du Conservateur de la ville. Elle est aussi l'un des sites visités dans le cadre du programme Rutas y andares, organisé par le Bureau du Conservateur et destiné à permettre aux visiteurs de découvrir les trésors naturels qu’elle renferme.

Ses ressources naturelles en font encore aujourd'hui un centre de recherches dans les domaines de la biologie et des sciences naturelles.

Elle est aussi le siège de services d’information scientifique et technique, de cours de perfectionnement, d’ateliers et de présentations culturelles, dont le but est d'établir une interaction entre le public et cet espace naturel.

Traduction : Alicia Beneito

Habana XXI

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