Varadero, pour aujourd'hui et pour demain

2012-10-03 20:18:40
Varadero, pour aujourd'hui et pour demain

Varadero se situe à 140 km à l'est de La Havane. Sa plage s'étend sur plus de 20 km, et la ville comptait, début 2009, plus de 17400 chambres, dont plus de 85% en 4 ou 5 étoiles. Pour faire face à l'hiver, les agences de voyage, les tours opérateurs, les compagnies aériennes et les hôteliers développent des actions pour accroître le confort et la qualité de service. "Notre défi est de maintenir la compétitivité, et de l'améliorer chaque jour", a souligné Amado Acosta, délégué du Mintur (Ministère du tourisme). Il rappelle qu'en 2008, Varadero a accueilli pour la première fois un million de visiteurs.

Pour cette station balnéaire très fréquentée, l'état cubain a mis en place un plan directeur qui prévoit la construction de 27000 chambres. Il favorise le développement touristique avec le souci de préserver le milieu naturel et la plage. Comme le souligne Enesto Tristo, de l'institut d'océanologie, dans la revue Bohemia " [...] le processus d'érosion continue sur les plages, et il a fallu étudier le fonctionnement des éco-systèmes côtiers pour les récupérer et les maintenir".

La plage

En 2009, les ministères du tourisme et de la science, de la technologie et de l'environnement travaillent conjointement pour améliorer et maintenir la qualité de la plage de Varadero.

Selon des études, la ligne côtière recule de 1,2 m par an, avec la perte de 50000m3 de sable. Un rapport des ministères du tourisme, de la science, de la technologie et de l'environnement prévoit, à partir de 2008, le déversement de 2 millions de m3 de sable sur des zones de littoral où des affleurement rocheux sont apparus.

Certains pensent que Varadero a changé, et pas seulement avec le développement hôtelier des 15 dernières années. "La plage n'est plus la même" signale un résident. Malena Vega approuve. Elle fréquente la plage depuis son enfance "Il se peut que mon esprit me trompe, mais avant le sable était beaucoup plus fin, presque de la poudre."

L'alimentation artificielle en sable est une des solutions les plus employées aujourd'hui pour la récupération de ce type de littoral. On oppose à cette solution dite "douce" des solutions comme les crêtes et les murs de retenue, moins recommandées.

Il s'agit de localiser une source de sable sous-marine, semblable ou plus lourd que celui de la plage, puis de l'aspirer pour reformer la dune, en tenant compte de l'écosystème, des vents, des marées, des courants...

L'an dernier, la plage du secteur de Las Calaveras-Punta Morlas a retrouvé ses dimensions d'il y a 30 ans suite aux déversements artificiels de sable. Les spécialistes expliquent que plus de 140 000 m2 de zones ensoleillées ont été gagnées.

Les résultats sont satisfaisants. Cette année, les déversements profiteront à la zone entre les hôtels Sol Palmeras et Tuxpan, comme le déclare l'océanologue José Luis Juanes Marti.

Le sable utilisé est extrait du site Cuenca Mono II, situé en pleine mer, loin de la ligne côtière. Il sera, en outre, possible de créer des réserves de ce sable fin qui caractérise cette plage. Ce site a été sélectionné suite à des analyses bathymétriques, géophysiques et géologiques.

Des spécialistes affirment qu'il a été possible de délimiter la zone d'extraction après des échantillonnages de sédiments. Le sable a la qualité adéquate. Ces analyses permettent de réduire les dommages environnementaux de ce type d'action.

Cependant, Cesigma, entreprise spécialisée du ministère de la science, de la technologie et de l'environnement, qui a étudié l'impact environnemental de l'extraction, a recommandé de rester dans les limites établies par le projet, de ne pas extraire des volumes de sables plus importantes, d'éviter les nappes de pétrole et de garantir la sécurité.

Les déversements se font sans nuire à la haute saison (décembre-avril), et à l'arrivée massive des touristes.

En accord avec les spécialistes, le plan de déversement conçoit de renforcer les dunes côtières, comme principale réserve de sable pour un meilleur fonctionnement de la plage, son accroissement et donc l'augmentation de la capacité d'accueil pour les baigneurs.

Les antécédents

Les actions prévues en 2009 font partie d'un programme qui a commencé depuis longtemps. Selon la revue Bohemia, il y a déjà eu sept déversements à Varadero entre 1987 et 1998. Le dernier a été le plus important du pays, avec plus de 1 million de m3 de sable déversé pour régénérer 13 km de plage.

Les études postérieures ont montré que 4 ans après, la rétention de sable était de 85%, et de 65% après 10 ans, ce qui est considéré comme élevé par les experts.

D'après des spécialistes de ces écosystèmes, les principales causes de l'érosion sont anthropiques et naturelles. On attribue la responsabilité humaine à l'extraction démesurée de sable sur les plages, la construction des jetées aux entrées des canaux et des docks, la retenue et la déviation des rivières, les dragages sur les plages et les dunes à des fins minières et la construction d'installations sur les dunes. Non seulement ces actions accélèrent la détérioration des plages, mais interrompent leur dynamique naturelle et provoquent des dommages sur la végétation côtière.

Les causes naturelles sont dues aux changements climatiques, qui conduisent à l'augmentation du niveau de la mer, et un déficit d'apport de nouveaux sédiments, et à un accroissement de la fréquence des tempêtes.

Parmi les normes, les règlements et lois de contrôle des dégradations de l'écosystème, il y a le décret loi 212 sur la gestion de la zone côtière, en vigueur depuis août 2000. Il protège l'espace naturel des dunes côtières aux limite de la plate-forme insulaire, et spécifie son utilisation, même temporaire.

"La pérennité de l'injection de sable dépend beaucoup du climat maritime, de l'action des fronts froids, des ouragans, car la plage ne réagit pas toujours de la même manière aux phénomènes climatiques intenses, elle obéit à la direction de la montée subite de l'eau" a éxpliqué Tristà. "Le littoral affrontera ces phénomènes dans les meilleures conditions si nous répandons le sable adéquat (...) le projet doit être réalisé avec toute la rigueur scientifique et technique, et respecter les volumes et densités prévues par le projet."

Le projet de régénération des plages ne concerne pas exclusivement Varadéro. D'autres plages de l'île profiteront de déversements de sable, comme prochainement les plages d'El Paso à Cayo Guillermo, Colorada et Playa Larga à Cayo Coco, et Jardines del Rey dans la province de Ciego de Avila. Ensuite, ce sera à Guardalavaca, Estero Ciego et Yuaraguanal dans la province d'Holguin.

Le Varadero touristique

Le parc hôtelier de la station balnéaire appartient aux chaînes cubaines Gran Caribe (33%), Gaviota (32% avec les plus grandes perspectives de croissance) et Cubanacan (28%). Sur la "plage bleue", appelée ainsi pour la couleur de ses eaux aux tonalités variables", huit installations hôtelières fonctionnent en entreprise mixte et 24 autres sont sous contrat d'administration et de commercialisation avec de grands groupes étrangers, comme l'espagnol Sol Melia, pionnier dans l'investissement à Cuba, mais aussi Barcelo et Iberostar, le groupe français Accor et les jamaïcains Superclub et Sandals.

99% de l'hébergement propose une offre "tout compris".

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