Viñales, un paradis pour l'écotourisme


Ph


Les voyageurs de Viñales tombent littéralement sous son charme. Ce village attire aujourd'hui toujours davantage de touristes et tente de préserver son identité tout en capitalisant sur cette manne économique.

Le jardin de Bárbara Caridad Miranda est une des attractions du village. On appelle cette femme « la botaniste » en raison de sa grande culture florale héritée de ses ancêtres. Ces derniers ont commencé à ériger ce jardin vers 1918. Miranda aime s'y balader avec les touristes, leur décrivant chaque plante présente. « Avant, j'aimais recommander des herbes médicinales aux touristes. Un peu moins maintenant », explique t-elle.

Miranda ne cache pas le fait que le tourisme lui a changé la vie. « Les visiteurs font souvent un don pour la préservation du jardin », reconnait-elle en toute franchise. Ils sont toujours plus nombreux à visiter ce paradis vert alors qu'il n'apparaît même pas dans les brochures officielles.

Le Varadero vert

Viñales, situé à environ 180 kilomètres à l'ouest de La Havane, a été baptisé le « Varadero vert » (en comparaison avec la station balnéaire la plus populaire à Cuba).

« Elle est le Varadero vert dans la mesure où l’on développe ici un équilibre naturel avec l'environnement. Nous refusons le béton sur notre territoire », clarifie Miguel Chang Peraza, directeur du tourisme de la province de Pinar del Rio.

Toute nouvelle construction doit s'harmoniser avec l'environnement. Rien ne doit empêcher d'admirer les champs de tabac, principale production agricole de la région.

La vallée est le joyau de Pinar del Rio, la province la plus ancienne et la plus occidentale de l'Île. Elle a été formée durant l'aire jurassique inférieure, il y a environ 180 millions d'années. On y retrouve encore des fossiles de dinosaures, de singes et tortues marines.  C'est ici aussi que se trouvent les plus grandes cavernes cubaines dont celle de  Santo Tomás d'une superficie de 45 kilomètres.

Mais ce qui distingue Viñales des autres villes cubaines sont ses mogotes, falaises verticales pouvant atteindre plus de 400 mètres.

Ces rochers sont recouverts de ceibón, de chêne caïman, de palmier de La Sierra et de palmier liège (mycrocycas calocoma). Ce dernier a la particularité de fixer l'azote dans l'atmosphère grâce à une bactérie appelée Beijerinckia présente dans la plante. Le palmier liège est considéré comme un véritable « fossile végétal » par les spécialistes.

La faune de  Viñales est aussi variée. On y trouve des oiseaux colorés tels que le tocororo, la cartacuba, le ruiseñor (rossignol), le tomeguín de la pinède et l’aparecido de San Diego. Ceux-ci ont été inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1999.

L'harmonie entre l'homme et la nature

« C'est un paysage culturel en perpétuelle évolution. Les Cubains travaillent la terre, principalement le tabac, avec des méthodes traditionnelles », explique Margarita Elorza, spécialiste du Patrimoine National.

Elle explique que l'engagement en vue de la préservation de la vallée de Viñales est clairement défini depuis sa valorisation en tant que Monument National en 1979. Elle est aussi protégée par la loi de protection du patrimoine culturel, la loi des monuments nationaux et locaux depuis la même année, et la Loi de Protection du Milieu Ambiant.

« Tout ce qui est fait à Viñales requiert préalablement une étude de l'impact environnemental. Il faut aussi prendre en compte les plantations car la végétation doit rester autochtone », commente Marta Rosa Acosta, fonctionnaire au ministère des Science, de la Technologie et de l’Environnement de la province.

Cette région cubaine reçoit des milliers de touristes chaque année. Ils viennent voir les mogotes, parcourir les rues du village ou emprunter les sentiers pour prendre un bon bol d'air.

Nature et tradition