Vive le swing !

2012-06-07 17:10:24
Silvia Gómez
Vive le swing !

La Havane, c’est de la musique. Depuis l’aube jusqu'à tard dans la nuit, la musique sort à flots des maisons, bars et cafés, retentit dans les ruelles, résonne depuis les balcons, sort avec force des radios, tonne depuis les voitures et flotte dans l’air sur les places. « Où peut-on entendre de la vraie musique cubaine ? », demandent les innocents qui viennent d’arriver au chauffeur de taxi durant le trajet de l’aéroport à la ville. La question la plus appropriée serait : « Où ne peut-on pas l’entendre ? »

Le jazz est l’une des modalités musicales les plus populaires de la ville et le son Habana Jazz – fruit de siècles de brassage musical dont les principaux ingrédients ont été apportés par l’Afrique et l’Espagne, tandis que la Chine, la France, l’Italie, le Mexique, l’Argentine et les États-Unis lui ont donné la saveur – est unique. Ce résultat sophistiqué et cosmopolite attire l’attention des amateurs du monde entier, aussi bien pour jouer que pour écouter, et la fertilisation interculturelle qui en découle élargit le cercle vertueux du développement créatif en constante évolution.

Le Festival international de jazz de La Havane, qui s’est tenu pour la première fois en 1979, est devenu au fil des ans l’un des rendez-vous les plus importants dans le programme des fans du jazz. Pendant le festival, les amateurs se rendent massivement aux grands concerts qu’offrent les théâtres Amadeo Roldán, Nacional et Mella ; or, ce sont les jam-sessions les plus intimes des boîtes de La Havane celles qui transportent l’esprit. Les actes de télépathie musicale les plus extraordinaires ont lieu dans des retraites imprégnées de rhum et de fumée comme La Zorra y el Cuervo et le Jazz Café du Vedado.

L'histoire du jazz à Cuba

À Cuba, le jazz est plus ancien qu’on ne le pense. Suite à l’abolition de l’esclavage en 1886, nombre de Noirs libres cubains ont émigré vers la Nouvelle-Orléans, alors que l’intervention nord-américaine dans la guerre d’indépendance cubaine en 1898, a marqué le début d’une présence prolongée des États-Unis dans l’île. Les conditions étaient donc réunies pour l’échange musical mutuel. Les musiciens qui étaient partis pour la Nouvelle-Orléans avaient amenés avec eux les rythmes et le style considérés alors déjà cubains qu’ils ont incorporés aux premières manifestations du jazz, à l’instar de ce qu’ont fait les musiciens qui rentraient aux États-Unis après avoir visité Cuba.

L’acmé de cette évolution musicale a été atteint grâce à l’étincelle née chez le percussionniste cubain Luciano (Chano) Pozo, criblé de balles dans un café d’Harlem, et chez le trompettiste de jazz nord-américain Dizzy Gillespie. Ce son a marqué le début de ce qu’on connaîtrait plus tard comme « jazz latin ». Aujourd’hui, les musiciens cubains occupent une place de choix parmi les interprètes du jazz dans le monde. Avant la Révolution, la plupart des musiciens étaient autodidactes.  Mais depuis les années 1960, les membres des orchestres populaires sont, pour la plupart, des diplômés d’écoles de musique, dont la virtuosité est un phénomène tout à fait naturel.

Depuis, des musiciens tels que Dizzy Gillespie, Charlie Haden, Roy Hargrove, Steve Coleman, Richie Cole, Max Roach, Carmen Mc Rae, Leon Thomas, Tete Montoliu, Airto Moreira, Tania María, Dave Valentín, Michel Legrand et Ivan Lins ont défilé au Festival de jazz. Pendant toute sa vie professionnelle, le célèbre saxophoniste britannique, Ronnie Scott, a promu le jazz cubain depuis son fameux club de la rue Frith. Cependant, les musiciens cubains ont été la cheville ouvrière du Festival. En tant qu’exécutants de jazz pur ou de fusion, la liste des participants, qui est interminable, comprend des noms tels que Armando Romeu, Chucho Valdés, Gonzalo Ruvalcaba, Bobby Carcassés, les Van Van, Ernán López-Nussa, NG La Banda et Orlando Valle, entre autres. La vague de jeunes musiciens talentueux formés dans les écoles cubaines a donné lieu à l’institution du Festival Jo Jazz (Jeune jazz) qui se tient sous forme de concours quelques jours avant la rencontre principale.

Si vous êtes à La Havane entre le 30 novembre et le 6 décembre, n’hésitez pas à parcourir les boîtes du Vedado. À coup sûr, vous découvrirez, incognito dans le bar, une étoile internationale du jazz, blottie derrière un cocktail. Et si vous voyez un Noir géant, au regard distrait, en train d’exécuter des miracles avec le piano, il s’agit sans aucun doute de Chucho Valdés qui a à son actif cinq prix Grammy. En tant qu’organisateur du Festival de jazz, Chucho sait, mieux que quiconque, que sans ce swing, La Havane ne serait pas La Havane.

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