Voyager en train à Cuba

2017-12-11 14:08:08
Luna Valdés
Voyager en train à Cuba

Au cours de son histoire, le chemin de fer a accompagné le développement social de Cuba. Ce moyen de transport est d'une importance vitale pour les Cubains, notamment pour se déplacer d'une province à une autre. 

Voyager en train à travers Cuba constitue une expérience incomparable. Attention cependant, au cours du voyage de La Havane à Santiago de Cuba, l'un des trajets les plus fréquents, la locomotive peut faire partir en fumée une certaine durée de votre vie. En train, huit heures peuvent facilement devenir seize heures et le périple de La Havane à Santiago peut prendre deux jours, voire plus...

Cependant, prendre le train peut être une bonne idée : s'il s'agit de tenir une chronique de voyage, rien de mieux qu'un train cubain !

On peut tomber sur un groupe de campeurs en route pour l'ascension du Turquino, le plus haut sommet de l'île, ou sur deux dames transportant des effigies de saints en plâtre, parties accomplir un vœu au Cobre, le sanctuaire de la Vierge de la Caridad del Cobre, patronne de Cuba.

Les défis du train

Cuba dispose de plus de 5800 milles de voies de chemin de fer, c'est, du reste, le seul pays des Caraïbes à encore utiliser ce moyen de transport. Il faut cependant reconnaître que les chemins de fer cubains sont très loin des normes européennes : les trains qui roulent depuis plus de cinquante ans ne correspondent plus aux besoins. Prendre le train, c'est embarquer pour un voyage dans le temps.

Les standards de qualité, à l'exception notable du Tren francés (un TER français), sont bien loin d'être satisfaits.

Il n'y a pas de manuel pour ce moyen de transport, mais si vous décidez de prendre le train, il y a néanmoins un certain nombre de choses que vous devriez savoir.

Le réseau ferré cubain dessert la plupart des villes du pays. Pour les grandes distances, le train est très bon marché. Normalement, un service de restauration de type snack est proposé à bord, avec un petit chariot qui circule dans les wagons. Ce service fonctionne réellement dans les trains 1 et 2 des chemins de fer cubains (Empresa de Ferrocarriles), appelés trains "spéciaux".

Pour les autres trains, mieux vaut emporter de l'eau et de quoi manger. Il est également recommandé de prendre une lampe de poche et une couverture ou un manteau pour se couvrir la nuit. La vigilance est de mise lors du passage dans des zones où peuvent se produire des vols.

L'histoire

Cuba a été le premier pays d'Amérique latine et le septième au monde à disposer du chemin de fer. Les premières voies ont été construites à partir de 1830 et sont à mettre sur le compte de Claudio Martínez Pinillo, comte de Villanueva.

Le développement du chemin de fer à Cuba est dû à la croissance de l'industrie sucrière qui venait de naître : en effet, le train était particulièrement efficace pour transporter les produits dérivés de la canne à sucre, des moulins jusqu'aux ports. C'est grâce au chemin de fer que Cuba a été le premier producteur de sucre pendant l'époque coloniale et que cette industrie a été jusqu'au siècle dernier l'un des fleurons de Cuba, avec un prestige international.

D'autres produits agricoles, comme le café et le maïs, et même l'exploitation minière qui s'est développée à partir du début du XXe siècle dans l'est du pays, ont été favorisés par le chemin de fer.

L'entretien des locomotives a longtemps permis d'offrir un service de grande qualité, aussi bien pour le fret que pour le transport des passagers.

Après 1959, le réseau ferroviaire s'est développé, mais en raison des conséquences du blocus économique des États-Unis contre Cuba, les perfectionnements des machines ont été de plus en plus insuffisants. En outre, le manque d'entretien et la négligence ont conduit à la mise hors service de nombreuses locomotives.

Aujourd'hui, avec l'important projet de développement de la zone de Mariel, dans la province d'Artemisa, la construction et la réfection des voies ferrées (interrompues il y a plus de vingt ans) ont repris. On prévoit également de remplacer d'anciennes voies sur plusieurs tronçons du chemin de fer dans le centre du pays.

Traduction : F. Lamarque

Habana XXI

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