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« La nécessité de trouver des formes plus effectives pour la propagande politique et l'éducation populaire ont stimulé spécialement le dessin graphique. »
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| La rose isolée de Rostgaard.
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L'avènement de la Révolution a marqué le début de la décennie des années 60 dans la
culture cubaine. C’était une décennie d'inquiétudes, dont le profil s'avère encore très difficile à découvrir. L'île se remplie de nouveaux découvreurs : Jean Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Margueritte Duras, Antonio Saura. On écoute les Beatles en secret et Pello el Afrokán en public. Un groupe de hippies s’installe dans les jardins de l'Hôtel National. Lezama publie
Paradiso et Heberto Padilla
El justo tiempo humano. Deux versants esthétiques finissent par dominer le panorama de la plastique : le pop et la « nouvelle figuration ».
La nécessité de trouver des formes plus effectives pour la propagande politique et l'éducation populaire ont stimulé spécialement le dessin graphique. Très curieusement, l'art pop, dont le fondement théorique était en rapport avec la fadaise spirituelle des sociétés mercantilisées, encourageait les créateurs de l'affiche cubaine. Une nouvelle consigne, un événement politique ou culturel, une première cinématographique apportaient avec elle une affiche et sur ces dernières Rostgaard, Frémez, Beltrán, Muñoz Bach, démontraient un office et une fantaisie enviables. Dans un défi ouvert à l'art de galeries, la rue était prise d’assaut : les façades, les rues, les entrées de cinémas, étaient les lieux privilégiés. Deux images persistantes nous assaillent en parlant de cette décennie : la
Flora de Portocarrero est passée de la toile pour peupler les affiches, les couvertures des revues, les boîtes de confitures et la rose isolée que Rostgaard a conçue pour l'affiche du Ier Festival de la «
Canción Protesta » (Chanson Engagée).
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