MUSIQUE : Une nuit à Rotilla

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2010

Par Boris Leonardo Caro

Pour moi Rotilla était un mythe, comme ce légendaire Festival de Woodstock qui a marqué les années 60 aux Etats-Unis avec un sceau de contre-culture. Mais Rotilla et son Festival de Musique Électronique vivent encore chaque année sur la plage de Jibacoa, à 57 kilomètres de La Havane, et je m'y suis rendu, cette fois seul, avec mon appareil photo et les yeux bien ouverts, pour découvrir la fête la plus folle de Cuba.

J’ai voyagé depuis Guanabo, la fin des appelées Plages de l'Est de La Havane, jusqu'à Jibacoa dans une camionnette remplie d’avides jeunes d’une vingtaine d’années, en shorts et sandales, chargés d'énergies pour survivre à trois jours de musique ininterrompue. La majorité sortaient à peine de l'adolescence quand le producteur Michel Matos et le DJ Joyván Guevara (DJoy de Cuba) ont inventé cet événement sur la petite plage de la côte havanaise, il y a 12 ans. Plus...
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MUSIQUE : Chucho Valdés, un pianiste miraculeux

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2010
Chucho Valdes
« [Chucho Valdés] a révolutionné le jazz latin et la musique cubaine contemporaine. »
Chucho Valdés (Photo: Wikipédia)

Par Damián Donestévez

Traduit par Alain de Cullant et Marie Claude Bigueur

Chucho Valdés est un compositeur, un pianiste, un directeur et un orchestrateur qui a révolutionné le jazz latin et la musique cubaine contemporaine. Sa maison est garnie de photographies de la famille, de prix, de diplômes et de reconnaissances reçues de différentes villes et de prestigieux centres cubains ainsi que d'autres pays où il a donné des conférences et a créé des classes. Avec son talent, sa vocation et ses racines populaires, il contribue à enrichir l'héritage de la musique de l'île en allant au-delà des frontières du pays jusqu'aux plus hauts niveaux de l'universalité : mais il n'a pas toujours été ainsi.
 
Il y a longtemps, il rêvait d’improviser dans les théâtres. Il est de ces personnes constantes et intrépides. A l'âge de 18 ans, il était déjà pianiste au théâtre Martí et entre les shows de cinq et de neuf heures, il avait deux heures pour se restaurer. A cette époque il entreprit une "jam session" et revenait sans diner : il était jeune à l'époque et pouvait le faire facilement aux dires des musiciens accomplis. Nonobstant, à 60 ans, il a toujours autant de plaisir à jouer, sinon plus, qu’à l’âge de 18 ans. Plus...
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MUSIQUE: Le rap cubain, du Bronx à « la Aldea* »

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2010
Deapeau
« Le hip-hop s'est alors converti en étendard de la population non blanche et, en général, de ces groupes exclus des secteurs économiques émergents [...] »
Drapeau chez Papá Humbertico

Le rap survit toujours à Cuba, plus de deux décennies après son arrivée sur l’île. L'apathie institutionnelle, les contradictions dans le mouvement hip-hop et l'avalanche plus récente du reggaetón n'ont pas été suffisantes  pour que ce genre musical, enraciné dans les secteurs les moins favorisés économiquement, disparaisse des scènes nationales.

Au début il a été rejeté car les chanteurs imitaient la façon étasunienne de se vêtir et de s’exprimer. Ensuite, quand ses créateurs  ont incorporé des éléments de la culture nationale dans les rythmes et l'image, leurs paroles critiques vers les problèmes de la société cubaine ont provoqué la méfiance institutionnelle et la censure dans les médias et les espaces publics. Plus...
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MUSIQUE : La percussion cubaine, un trésor historique révélé

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2010
Yoruba Andabo
« [...] la culture musicale cubaine contient en elle un processus entrelacé d'intégrations culturelles [...] »
Yoruba Andabo (Photo: Photocuba)

Par Lino Neira

La culture cubaine possède une de ses principales richesses dans sa musique. La percussion est son âme et elle constitue, pour sa complexité, tout un univers qui est mondialement admiré grâce aux innombrables apports de rythmes, de techniques d'exécution, d’instruments et de groupes de percussion qui, d’une façon déterminante, ont influencé l’actualité musicale. Cependant, son histoire et son développement ont de nombreuses facettes sur lesquelles on a peu écrit. Après le processus de conquête et de colonisation, les instruments primitifs de nos premiers habitants ont disparu suite à l'acculturation dont ils ont été l'objet par leurs découvreurs. Les Espagnols, qui avaient voyagé à Cuba avec la seule fin de s’enrichir et de repartir, ont seulement apporté avec eux quelques instruments de percussion de la musique militaire et populaire.

Dès le début de l'époque coloniale on observe que les instruments à percussion n'ont pas eu une importante représentation, et encore moins de transcendance, dans les ensembles qui jouaient à Cuba constitués par les différentes ethnies qui peuplaient l'Espagne. Toutefois, le répertoire de la musique campagnarde, où on résume avec une plus grande fidélité l'antécédent hispanique de notre culture musicale, est exécuté uniquement en employant des instruments à percussion nés dans notre archipel. Plus...
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La musique cubaine au XXIème siècle

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2010
Los Van Van
« Les genres et les styles cubains qui ont parcouru le monde sont nombreux au long du XXème siècle. »
Los Van Van (Photo: Photocuba)

La première et la plus importante caractéristique de la musique cubaine est vraisemblablement sa capacité permanente, à travers l'histoire, à absorber les plus diverses influences, modes et façons de faire pour les déglutir jusqu'à les incorporer au particulier et puissant complexe sonore qu’est la musique de l'île. Une seconde caractéristique, non moins remarquable, est qu’après la naissance d’un rythme ou d’une « nouvelle » modalité, totalement cubanisée, cette musique échappe des étroites frontières de l'île et commence une marche universelle qui fait de cette manifestation de l'esprit cubain la plus connue et influente de ses productions artistiques sur le plan international.

Il est toujours nécessaire de rappeler que Cuba, au XIXème siècle, produisait et exportait déjà sa propre musique. Les intenses relations migratoires, économiques et culturelles avec des pays comme l'Espagne, le Mexique ou les Etats-Unis, ont porté à ces destins des danses et des rythmes cubains qui, avec le temps, sont devenus une partie des cultures réceptrices, comme cela s'est produit avec le danzón, cette danse nationale cubaine qui aujourd'hui est pratiquée seulement au Mexique, ou la habanera, créée dans l'île et ensuite seulement chantée, et jusqu'à présent, dans certaines zones de la Méditerranée espagnole. Plus...
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