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« Cent pas à faire, en cent pas il me dit mille mots. »
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Une volante (Photo: Le monde moderne)
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Où l’auteur arrive à La Havane et y découvre la splendeur de la ville et le charme des cubaines
Au débarqué, sur la blancheur du quai, un grouillement ! Nègres court vêtus, Chinois à la longue queue,
Cubanos au teint de citron, Espagnols bronzés, vêtus de blanc, coiffés du classique panama. Cris, hurlements, batailles pour le meilleur hôtel, San Carlos, de Europa, de Inglaterra, de Isabel, del Telegrafo. « N'ayez crainte, me dit une connaissance du paquebot, injuriez et bataillez. » J'injurie, bataille, obtiens un apaisement relatif : six personnes seulement se disputent ma valise. Un mulâtre tient la poignée de gauche, un nègre la poignée de droite. Le mulâtre a un mot superbe : « Nègre, qui veut faire concurrence au blanc ! » Le nègre n'insiste plus.
Je suis mon guide jusqu'à la station de
volantes. Cent pas à faire, en cent pas il me dit mille mots. Il m'interroge, se fait lui-même les réponses, en semble content. Il m'appelle
cabalero, et me déclare que c'est un honneur pour un
cabalero tel que lui de guider un
cabalero tel que moi. Au cocher de la
volante — sorte de fiacre juché sur de hautes roues — il me recommande jalousement. Nous ne nous connaissions pas il y a cinq minutes, mais peu importe, je suis son ami, son meilleur ami; il a connu mon père, ma mère, ma famille; il sait ce que je viens faire à la Havane; je suis son
chico. Il me serre la main, accepte mon pourboire, non comme salaire, mais comme présent, et à
la dispocition de usted. Nous partons.
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