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| « Leal, c’est l’exemple d’un grand projet concrétisé [...] » |
Eusebio Leal Spengler (Photo: PhotoCuba)
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Par Bertrand Vannière
Eusebio Leal est historien de La Havane depuis plus de 20 ans. Il a su tirer partie des difficultés de Cuba durant les années 90, à un moment de l’histoire cubaine où la tendance générale était à l’économie et à la survie, Leal a obtenu de Fidel Castro une certaine autonomie qui, conjugué à un extrême talent, lui permit de transformer L’Oficina del Historiador en véritable entreprise : hôtels, boutiques, restaurants, musées, entreprises de construction et restauration qu’il créa et gère depuis, pratiquement seul, même si, il y a quelques années, son pouvoir, particulièrement financier, lui a été sensiblement diminué. Il continue grâce à son intelligence, sa bonne gestion, ses idées avant-gardistes, de faire de la Vieille Havane, un exemple mondial de restauration, gestion, et conservation du patrimoine.
Le résultat de ce travail intense et continu lui vaut aujourd’hui, non seulement une reconnaissance de gestionnaire et économiste - le résultat est là, connu du monde entier - mais aussi une certaine notoriété qui dépasse largement les frontières cubaines. Leal, c’est l’exemple d’un grand projet concrétisé, d’une réussite économique et culturelle dans un contexte difficile, voire hostile (sa réussite lui confère forcément des ennemis), pour le reste du monde. Cette popularité, qui jusqu’alors à Cuba était avant tout culturelle, relayée à un rôle parallèle, concentrée sur un quartier de La Havane, est en train de se transformer en une popularité tout court, c’est à dire dans tout Cuba et dans tous domaines… et pourquoi pas politique…
La
UNEAC, organisme de gestion de la culture cubaine, largement orientée et contrôlée par l’Etat, prend ses aises depuis l’apparition d’une certaine tolérance vis à vis d’une « culture alternative » (association du Hip-hop ou autres, représentation des thèmes tabous, facilité de voyager pour les artistes), bénéficiant d’une image « non officiel » ou du moins « non politisé » dans le sens stricte du terme, qui se traduit par d’avantages de possibilités d’agir, de se divulguer et par le traitement de thématiques plus modernes. L’ensemble des institutions culturelles cubaines restent néanmoins sous le contrôle de l’Etat, mais les artistes peuvent plus facilement exprimer leurs idées que dans les années 80, par exemple. Dans ce contexte, la UNEAC reprend à son compte ce semblant de liberté d’expression et utilise son pouvoir institutionnel pour se positionner comme l’ambassadeur des pensées avant-gardistes et nouvelles de la « future » Cuba.
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