Par Kirby Jone*
Les États-Uniens qui se demandent comment sera Cuba lorsque celle-ci ouvrira ses portes aux investissements étrangers courent le risque de manquer le train.
Les visiteurs à La Havane ne se rendent peut-être pas compte du fait que l’aéroport où leur avion vient d’atterrir a été financé par un consortium bancaire canadien, qu’ils prennent un taxi Mercedes Benz pour aller à un hôtel construit par un groupe français, dont la propriété est partagée avec une chaîne hôtelière espagnole. Cependant, le fait de boire un coca-cola ou un red-bull dans un bar situé à proximité d’un magasin franchisé Benetton, Adidas ou Mango pourrait les surprendre.
L’idée qu’ont un grand nombre d’États-uniens, selon laquelle les meilleures implantations hôtelières n’ont pas encore été exploitées, que les relations actuelles seront renégociées et que la construction de condos sur la promenade du bord de mer deviendra la mode à La Havane, est erronée et serait une mauvaise interprétation de la situation actuelle et future. Au cours des trois dernières années, grâce aux cours élevés du nickel et aux profits inattendus rapportés par les services fournis, Cuba a été en mesure d’investir dans la rénovation du réseau électrique, la construction de routes, le transport terrestre et ferroviaire, les raffineries de pétrole et le logement.
Ces investissements n’ont pas eu un grand impact si l’on tient compte des arriérés en la matière mais ils représentent quand même des milliards de dollars qui sont tombés entre les mains de sociétés allemandes, coréennes, russes, chinoises et vénézuéliennes. Ces sommes auraient pu être encaissées par des sociétés nord-américaines. En matière financière, certaines banques canadiennes et européennes ont entrepris d’importantes opérations financières qui ont été vendues sur les marchés internationaux de capitaux, consolidant ainsi leur réputation en tant que banques qui font des affaires avec Cuba et qui possèdent une connaissance du monde des affaires dans l’île. Plus...