Detrás del Muro, le Malecón devient la scène d'une exposition en plein air

2019-04-29 19:17:18
Elaine Caballero Sabugueiro
Detrás del Muro, le Malecón devient la scène d'une exposition en plein air

Lors de la Biennale de La Havane, la ville devient un grand centre d’art. Expositions, performances, installations et sculptures quittent le circuit habituel de galeries et s’emparent des rues. Il s’agit d’une occasion à ne pas rater par les touristes qui visitent la capitale pendant le déroulement de cette manifestation. Detrás del Muro est l’un des projets les plus novateurs et interactifs, où des artistes cubains et étrangers exhibent leurs ouvrages sur le Malecón, connu par le peuple comme le grand divan de La Havane.

Cet événement a pour objectif d’exhiber des ouvrages dans cet espace public pour le grand plaisir de tous, sans être obligé de visiter les salles d’exposition. L’initiative, née en 2012 dans le cadre de la Onzième Biennale, a démontré qu’il y avait d’autres manières de laisser libre cours à la création. Le malecón, symbole de La Havane, et les zones avoisinantes, deviennent ainsi un grand musée en plein air, où l’art établit un dialogue et crée des ponts d’action parmi les citoyens. Detrás del Muro s’affirme ainsi comme l’une des propositions les plus attirantes de la Biennale par la spontanéité avec laquelle les ouvrages sont placés un peu partout, le but étant d’attirer l’attention du spectateur. 

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Une place consacrée à l’art


À peu près 50 artistes en provenance des États-Unis, de l’Allemagne, de l’Espagne, de l’Irlande, de la Colombie, du Panama, de la Norvège, du Maroc, du Mexique et du Canada, ont apporté leur contribution à Detrás del Muro dans le cadre la Biennale tenue en 2015. Les installations de Manuel Mendive et de Roberto Fabelo, conjointement avec une piste de patinage située tout près du Malecón, conçue par l’artiste étatsunien Duke Riley, font partie des ouvrages les plus visités en 2015.
De même, le projet Reality-Cubo Azul, de Rachel Valdés, ainsi que les pièces Primavera, de Rafael M. San Juan et Árbol de Luz, de Rafael Villares, ont connu un fort succès en raison de leur nouveauté et leur caractère enrichissant.

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Escenario líquido : une radiographie de la ville


Escenario Líquido, tel est le slogan de Detrás del Muro à sa troisième édition. Du 14 avril jusqu’au 12 mai, des installations très saisissantes y pourront être appréciées, dont une licorne qui se distingue par l’effet optique de mouvement exercé sur l’œil humain, des chaises situées au hasard sur le Malecón, et des figures de grande taille qui gardent une partie de la baie de La Havane.

Trois-cents artistes, aussi bien Cubains qu’étrangers participent à Detrás del Muro. Parmi les artistes cubains les plus renommés, citons Roberto Fabelo, Pedro de Oráa, Pedro Pablo Oliva et Roberto Diago, alors que du côté international il faut mentionner Xavier Mascaró, Susy Gómez et Andrés Sunt.

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Au cas où quelqu’un déciderait de prendre aujourd’hui une photo de La Havane, le résultat en serait une énorme carte artistique. Le mégaprojet d’exposition, confié aux soins du conservateur Juan Delgado, apporte une manière différente de comprendre l’art dans l’espace public, cette fois-ci en tant que cheville ouvrière de la vie et la culture dans les rues de la capitale cubaine.

Photos : Adrián Curbelo

Traduction : Fernández-Reyes

Habana XXI

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