Hijas de la Acacia 81 années plus tard

2018-09-21 16:35:03
Camila Acosta Rodríguez
Hijas de la Acacia 81 années plus tard

Photo: Alba León

Le franc-maçon Benito Juárez, le Bienfaiteur des Amériques est né un 21 mars. Hijas de la Acacia, une singulière organisation cubaine, est fondée ce même jour mais de l’année 1937, voilà 81 années. Cet ordre paramaçonnique, indépendant et autonome, est constitué uniquement de femmes.

Hijas de la Acacia ne sont pas franc-maçonnes car elles ne pratiquent pas les liturgies maçonniques. Elles possèdent leurs propres lois, liturgies, mots et signes d’identification, et travaillent dans les temples maçonniques, mais à une heure différente de celle des hommes.

Les femmes n’ont pas la possibilité d’être franc-maçonnes, ce qui a suscité de vifs débats. Pour trouver une explication, il faut se reporter aux principes et postulats des Anciennes Limites de la Franc‑Maçonnerie, qui précisent que seuls « les hommes libres, de bonnes mœurs, majeurs et ayant la capacité suffisante pour comprendre et pratiquer l’enseignement de l’Institution, peuvent aspirer à être francs-maçons ».

Photo: https://hijasdeacaciacubana.blogspot.com

Ainsi donc, les femmes ne peuvent ni s’initier ni assister au rite d’initiation. D’après María Elena Reyes Ávila, Gran Gentil Mentora de l’ordre Hijas de la Acacia, elles s’unissent « au triptyque glorieux et universel de la franc-maçonnerie de Liberté, Égalité et Fraternité, et à celui de Paix, Amour et Charité. Nous combattons les vices, nous promouvons les vertus, nous nous efforçons d’enrichir les valeurs humaines entre nous-mêmes, entre nos proches, entre toutes les personnes qui nous entourent ».  

Ernesto Santiesteban Pérez, maître maçon de la loge Les Disciples d’Hiram à Güira de Melena, signale : « elles constituent le prolongement de la fraternité et un exemple d’égalité de genre, mettant ainsi en évidence l’importance qu’attache la franc-maçonnerie à la femme, spécifiquement à la femme cubaine, vu son rôle dans la préservation des valeurs les plus universelles qui doivent régir toute société, comme l’humanisme, le patriotisme, la solidarité, l’égalité et la fraternité. »

Pour y être admises, les conditions ci-après doivent être respectées : être des femmes libres, avoir de bonnes mœurs et faire preuve d’une bonne conduite morale ; être âgées entre 18 et 60 ans pour s’initier et être capables de payer les cotisations et les frais sociaux, entres autres contributions.

D’après Daysi Rodríguez Mancebo, présidente de l’Académie des hautes études acacistas, Hijas de la Acacia se consacrent essentiellement à œuvrer en faveur du perfectionnement humain tant à l’intérieur des temples qu’au sein de la société.

À cette fin, elles réalisent des actions charitables dans des hôpitaux et foyers du troisième âge, entre autres établissements. À l’instar des francs-maçons, elles encouragent le laïcisme, la démocratie, la morale, la liberté, la justice, l’égalité… Elles plaident en faveur de l’éducation, la philanthropie et l’éthique.

Ariel Antonio Díaz, maître-maçon de la loge Armando Díaz Bravo, à Pinar del Río, déclare : « Hijas de la Acacia sont venues apporter quelque chose qui faisait défaut dans notre institution (…). La présence des femmes dans nos loges a contribué à renforcer beaucoup plus la société. »

Photo : https://masonerialibertaria.com

La fondation du Groupe des jeunes acacistas, en décembre dernier, adressé aux femmes de 14 à 18 ans, montre l’intérêt pour la rénovation.

Sabrina Frómeta, l’une des jeunes filles récemment initiées, assure que le Groupe des jeunes acacistas lui a apporté des valeurs inestimables. « Cela signifie beaucoup pour moi - affirme-t-elle -, j’ai grandi comme personne et je me déroule mieux dans mon milieu personnel et social (…). Mais ce n’est pas tout, pour moi l’Acacismo a élargi mes connaissances, mes pensées, mes sentiments…»

Aujourd’hui, il y a plus de 1 800 femmes acacistas à Cuba, regroupées dans 43 loges. Cet ordre s’est étendu aussi au Costa Rica et au Guatemala, des pays qui comptent deux loges acacistas chacun. Les progrès enregistrés ces dernières années ont permis aux femmes d’être représentées dans une institution présente à Cuba depuis plus de deux siècles (plus de trois siècles ailleurs dans le monde), et qui a tant apporté à l’identité nationale cubaine.

Traduction : Fernández-Reyes

OnCuba

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