La Biennale de La Havane, la ville se transforme en galerie vivante

2019-04-04 20:31:51
Allison Le Corre
La Biennale de La Havane, la ville se transforme en galerie vivante

Tous les deux ou trois ans, la capitale cubaine se transforme en une galerie d’art contemporain géante pendant la fameuse Biennale de La Havane. Expositions, performances et événements artistiques de toute sorte envahissent les rues, les musées, les centres culturelles et les studios-galeries de la ville pour une exposition géante regroupant des artistes cubains et internationaux, renommés et émergents. C’est l’événement majeur des arts visuels de Cuba, où s’exhibe la créativité, le talent et les capacités expérimentales des artistes Cubains. 

L’événement majeur de l’art contemporain cubain

La Biennale de La Havane est un des événements culturels les plus transcendants de Cuba : il brise toute frontière disciplinaire et spatiale dans le but de transformer La Havane en galerie géante. Organisé par le Centre Culturel de Wilfredo Lam et soutenu par le Conseil des Arts Plastiques de Cuba, la Biennale est devenue une référence majeure dans l’art contemporain mondial, qui met en avant la capacité innovatrice, créative et contemporaine de la scène artistique cubaine, tout en relation avec les scènes artistiques internationales.

De l’Amérique Latine au reste du monde

La Biennale de La Havane, fondée en 1984, est lancé par un des mouvements artistiques les plus avant-gardistes à Cuba depuis la Révolution : la fameuse génération des années 1980, aussi connu comme la génération de la fameuse exposition « Volumen 1 » qui déclenche un mouvement de rénovation des arts plastiques à Cuba. Cuba a toujours été un centre de production artistique important en Amérique Latine et une référence d’avant-gardisme et contemporanéité dans la région. A partir de cette position de référence, les fondateurs de la Biennale cherchent à créer une plateforme pour valoriser internationalement l’art contemporain latino-américain, dans un contexte de Guerre Froide, où ils sont largement exclus des plateformes artistiques occidentales. Cette perspective dé-colonisatrice assoit le ton de la Biennale de La Havane qui, dans la première édition, intègre des artistes latino-américains et caribéens avant tout, pour ensuite s’étendre à l’Asie et l’Afrique.


Malgré le caractère réellement « triennale » de la Biennale de La Havane, l’événement réitère son intention de devenir « biennale », sachant qu’il a acquis une réputation internationale importante. Au cours des années, la Biennale attire toujours plus d’artistes internationaux au-delà des pays du tiers-monde et devient un grand hommage à Cuba comme point de rencontre et d’expérimentation artistique dans le monde. Les artistes cubains majeurs ont toujours pris part à la Biennale, dont Carlos Garaicoa, René Francisco, Wilfredo Prieto, les Carpintero, entre autres, aussi bien que des artistes contemporains renommés du monde entier, comme le mexicain Gabriel Orozco, la française Louise Bourgeois, le belge Francis Alÿs et l’italien Michelangelo Pistoletto.

De l’art en abondance : événements collatéraux et extra officiels 

Mais ce n’est pas que les grands artistes de réputation internationale qui prennent part à cet événement. La Biennale intègre plusieurs centaines d’artistes cubains et internationaux, émergents comme établis, qui s’emparent de la ville pour exhiber leur art au-delà des galeries. Chaque édition s’organise autour d’un thème qui donne lieu à un événement théorique en marge des expositions, ouvrant des portes à tout type d’interprétations et de formes. L’événement déborde donc au-delà des frontières institutionnelles qui organisent le festival et des artistes de toutes disciplines s’intègrent en collatéral ou extra-officiellement, ouvrant leur studios ou maisons au public de la Biennale. Résultat : la Biennale est devenue l’événement artistique le plus pluri-disciplinaire et varié de Cuba. Expositions, performances, conférences, projections, ateliers, hommages, spectacles, art visuel, architecture, théâtre, danse… La Havane devient un centre de dynamisme artistique sans pareil qui cherche à rendre visible l’art cubain dans le sens le plus large possible.


Biennale XIII de La Havane : « La Construction du Possible »

Cette année, pour la 13ème édition de la Biennale 2019, la ville accueil plus de 200 artistes provenant de 50 pays différents, la plupart d’entre eux d’Amérique Latine ou des Caraïbes. L’idée principale de cette biennale est de transformer La Havane en corridor culturelle, dans lequel interagiront les créateurs et spectateurs. Selon le thème général, « la construction du possible », cette édition veut proposer un espace pour toute typologie d’art contemporain qui envisage la création comme une expérience en vie ou en cours. Les organisateurs insistent donc pour que cette année « l’art envahisse la ville ».

On retrouvera le projet déjà reproduit dans les deux dernières Biennales, « Detrás del Muro », où des installations sont mises en place tout au long du Malecón de La Havane. La nouveauté de cette année : le projet du Corridor de Línea qui veut faire exposer à la rue l’art de tous les centres culturels qui se positionnent sur la Calle Línea, un axe principal du Vedado et l’axe culturel le plus important de la ville. Outre les installations et performances dans la rue, chaque galerie et studio important de La Havane proposera ses propres expos et événements : Centro Cultural Wilfredo Lam, Musée National des Beaux-Arts, Factoría Habana, Galería Contínua, Taller Sociocultural Chullima, et bien d’autres… Le programme est chargé ! Pour plus d’informations, restez connectés… 

 
 

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Habana XXI s’efforce de retranscrire, que ce soit par l’image, le son, ou l’écrit, la vie quotidienne de La Havane et de Cuba à un public hétéroclite, curieux, intéressé, souvent non résidents. Toujours en dehors des grands débats politiques, économiques ou des thèmes couramment traités par les médias officiels, Habana XXI souhaite au contraire faire témoigner les Cubains de tous les jours, la société dans son organisation actuelle, à travers des lieux, des traditions, des expressions culturelles parfois méconnues. Habana XXI privilégie la chronique comme mode d’expression,  pour sa forme plus humaine, plus proche des réalités de l’île. Prédomine donc la « première personne » dans les témoignages, exprimant ainsi une expérience vécue représentative de la Cuba du XIXe siècle. Habana XXI sur Youtube. 

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