Quartiers de La Havane : Centro Habana

2017-03-15 22:39:36
Sofía D. Iglesias
Quartiers de La Havane : Centro Habana

Dire : « Je suis de Centro Habana » signifie en quelque sorte que rien ne t'échappe. Dans l'imagerie populaire, ce quartier symbolise la caverne d'Ali-Baba, l'endroit où  dénicher quoi que ce soit, où la passion est toujours à l’honneur, où on est à mi-chemin du sublime et du ridicule. Ce dernier paradoxe le situe magistralement entre la Vieille Havane et le quartier du Vedado, toutes limites confondues.

Le quartier se situe au  centre-nord de la province de La Havane, et comme son nom l'indique, il occupe l'espace de transition entre la partie ancienne et moderne de la capitale.

Il s'agit de cet espace où tout étranger est en quête du contraste, de la différence, de l'essence de Cuba. Il les découvre, sans nul doute. Bien souvent, malheureusement, l'idiosyncrasie se montre trop exagérée, truquée  pour l'œil ou  l'objectif du touriste.

Toutefois, cet amalgame culturel, religieux, ce mélange d'origines et de coutumes que recherchent les passants vont au-delà du simple formalisme. Il faut remonter aux débuts de ce quartier, lorsqu'une population hétérogène, de diverses origines ethniques et provenances, commença à s'installer extra-muros.

Centre Havane rappelle la croissance de la ville au-delà de la Muraille, à partir du XVIIIe siècle, grâce à l'ouverture de voies de communication. Une population humble s'installa près de ces nouvelles artères. Une fois la Muraille abattue, en 1863, les zones proches grandirent rapidement et finirent par occuper les espaces restés vides au sein de ces communautés émergentes.

Selon certains documents historiques, cette croissance urbanistique va de pair avec l'installation de fabriques de tabac et des premiers commerces. Le développement du quartier se voit accéléré par la vente de terrains et les bâtiments qui y sont construits, notamment dans l'axe Prado-Parc Central, point de départ du rayonnement ultérieur vers  les rues Infanta, Belascoaín, Galiano, Reina, appelé alors la Nouvelle Ville.

Les rues de Centre Havane

Les rues du quartier et leurs noms  sont sans aucun doute attractifs. La plupart s'associent à l'histoire : personnages liés à l'endroit, faits mémorables pour la communauté, caractéristiques géographiques ou pays avec des traditions religieuses, économiques ou culturelles communes.

Outre la richesse culturelle et autres considérations linguistiques dues à cette  coutume, cela donne lieu à une certaine confusion pour les non-natifs lorsqu'il s'agit de retrouver une adresse. Parmi les rues les plus populaires du quartier qui possèdent un plus grand nombre d'appellations, citons :

L'avenue Bolivar, connue jusqu'au XVIIIe siècle comme chemin de la Chorrera. Vers 1751, elle reçut le nom de Chaussée de San-Luis-Gonzaga et, à partir de 1844, celui de Chaussée de la Reine. Depuis 1918, son nom officiel est avenue Simon-Bolivar, mais pour les habitants de La Havane, c'est la rue Reina.

Quant à l'avenue Salvador-Allende, elle a porté différents noms au fil des ans. A l'époque coloniale, celui de Chemin Militaire, Promenade de Carlos III à partir de 1803, Promenade Militaire ou Promenade de Tacon en 1836, avenue de l'Indépendance en 1902 et avenue  Salvador-Allende en 1973. Carlos III est le nom qui a prédominé.

Selon des études récentes, ce quartier possède la densité de population la plus élevée du pays, avec prééminence de la population féminine. Il compte aussi une des populations les plus âgées de Cuba.

Une odeur, mélange  de mer et de terre, vient se joindre à d'autres moins agréables à l'odorat (provenant de coins de rues insalubres) et crée une atmosphère unique dans le quartier.

Centre Havane n'est pas le creuset des merveilles architecturales datant de l'époque où vit le jour la ville de San Cristobal de La Havane, de la récupération des ruines de la partie coloniale ou des hôtels modernes. Centre Havane est le lieu de la "vérité", en possession de ses habitants.

 

Habana XXI

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