Sagua la Grande, destination touristique en plein cœur de Cuba

2018-08-29 18:14:17
Lídice Fernández Espino
Sagua la Grande, destination touristique en plein cœur de Cuba

Stiven est entraîneur de boxe. Dans sa jeunesse, il fut boxeur, mais il abandonna lorsqu’il comprit qu'il n'obtenait pas les résultats escomptés. Il décida alors d'entraîner d’autres boxeurs. A l'heure actuelle, il veut apprendre à parler anglais. Il ne cherche pas, après tant d’années consacrées au sport, à prononcer impeccablement des mots tels que box, break, clinch, jab et autres, quelque peu difficiles pour le simple mortel des Cubains. Stiven ne cherche pas non plus à mieux communiquer avec ses athlètes. Ce qu'il veut, c’est pouvoir communiquer avec les touristes.

Le tourisme était une chimère dont rêvaient bon nombre des soixante mille habitants de Sagua la Grande. Aujourd'hui, ce rêve est sur le point de devenir réalité dans cette petite ville du centre nord de Cuba, dans la province de Villa Clara, proche de la côte et qui depuis sa fondation en 1812 était décidée à devenir une vraie « ville ». Connue alors sous le nom de Villa de la Purisima Concepción, elle n'eut de cesse de matérialiser cette aspiration. Les avantages de sa rivière à fort débit, les buttes qui jalonnent les plaines, les îlots aux plages irrésistibles ainsi que la culture, dont sont issues d'importantes personnalités, sont autant d'atouts à son actif.

Parmi ces personnages illustres, citons le peintre Wifredo Lam, le plus universel des peintres cubains, qui sut saisir le charme de cette région et lui donner une âme; le musicien Ramón Solis, considéré à l'époque le meilleur flûtiste du monde, ou Antonio Machín, le plus espagnol de tous les Cubains et le plus cubain de tous les Espagnols, comme il se définissait lui-même. C'est lui qui fit connaître le boléro en Espagne, où une rue porte son nom.

Photo: Nelvega, Ecured

L’architecture de Sagua est attractive, elle aussi. La restaurer a été un véritable défi pour les nombreux constructeurs qui ont travaillé sur place au cours des derniers mois. Un travail de titans. Le Palais Arenas est un vrai joyau de l’Art nouveau dans la région, indépendamment des légendes concernant le dernier membre de la famille Arenas qui occupa le bâtiment.

« Le Grand Hôtel Sagua », le plus luxueux de la région dans la première moitié du XXe siècle, soulève également l'admiration en matière d'architecture. Le poète espagnol Federico García Lorca y séjourna, séduit par l'attrait de la ville. Transformé en un hôtel de charme 4 étoiles, il connaît aujourd'hui un renouveau.

En dehors de la ville, les Mogotes de Jumagua, un groupe de sept buttes, constituent une réserve écologique destinée à la protection des espèces endémiques de la flore et la faune de Cuba et aussi du monde. S'engager dans ces parages permet de découvrir des grottes comme celle de l’eau qui, comme son nom l’indique, regorge de cette ressource naturelle. Depuis le sommet des Mogotes, la vue s'étend jusqu'à l’horizon.

Photo: Nelvega, Ecured

Les îlots proches de Sagua la Grande abritent des sites paradisiaques qui possèdent leur propre histoire. Ils étaient en effet convoités par les pirates et les corsaires pour y cacher leurs trésors, perdus à jamais. Une marina est actuellement en construction à Cayo Esquivel, et une autre dans la péninsule d’Isabela de Sagua. Le va-et-vient des pêcheurs qui ne renoncent pas à la mer, même si les cyclones cherchent parfois à les en dissuader, anime la vie de ce village, où l’on cuisine les fruits de mer comme nulle part ailleurs à Cuba.

La beauté et l’histoire culturelle marquent la réalité de Sagua la Grande, présentée désormais comme une nouvelle destination touristique à Cuba. Outre le Grand Hôtel Sagua et le Palais Arenas, le Café Real, la maison du Tabac, la Marina d’Isabela de Sagua et Cayo Esquivel sont autant d'endroits attrayants qui, conjointement à d’autres sites, assureront aux touristes nationaux et étrangers un séjour agréable à 48 kilomètres de la ville de Santa Clara.

Ses habitants se chargeront de raconter l’histoire de la ville. C’est pourquoi Stiven veut apprendre l’anglais, l’italien, le portugais ou le français, afin de pouvoir rapporter les anecdotes qui datent de son époque de boxeur professionnel, rappeler les noms de ceux qui pratiquaient ce sport et relater beaucoup d'autres histoires qui ennoblissent le sport local.

Stiven veut être en mesure de pouvoir le faire lorsque les touristes se promèneront dans les rues de la ville, ce qui ne saurait tarder.

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