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Concert de Telmary et Habana Sana au Brecht

Dose mensuelle de hip-hop avec identité afro-cubaine et féminisme

Auteur:
Berta Reventós
-
7 août 2020

Cubanía

Cubanía s’efforce de retranscrire, que ce soit par l’image, le son, ou l’écrit, la vie quotidienne de La Havane et de Cuba à un public hétéroclite, curieux, intéressé, souvent non résidents. Toujours en dehors des grands débats politiques, économiques ou des thèmes couramment traités par les médias officiels, Cubanía souhaite au contraire faire témoigner les Cubains de tous les jours, la société dans son organisation actuelle, à travers des lieux, des traditions, des expressions culturelles parfois méconnues.

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Telmary remplit le Bertolt Brecht deux samedis par mois, sa musique est inclassable entre jazz, rap et hip hop, elle met en valeur l'dentité afro-cubaine. Avec ironie et sens de l'humour, l'artiste aborde dans ses textes des thèmes tels le machisme ou les problèmes de la vie quotidienne des Cubains. Telmary, qui prêche « ashé », est une bête de scène qu’il faut voir en direct.

Jeunes et adultes qui apprécient le hip hop et la musique afro-cubaine. Pour écouter des chansons engagées et danser.

Lorsque Telmary joue, il ne s'agit pas seulement de musique fusion cubaine, c'est une pionnière du hip-hop cubain ses paroles revendiquent l’identité afro et critiquent le machisme, sans pour autant négliger l'humour et l’espièglerie. « Dans le groupe Habana Sana, nous sommes toutes des reines, ici il n'y a pas de princesses », dit-elle. L'énergie contagieuse de cette cubaine est identique partout où elle se produit. Mais au Brecht, un café-théâtre dans l’esprit de La Havane des années 1950, c'est comme si elle était chez elle et nous invitait à entrer dans SA maison.

Ashé rappé

Telmary a toujours l'air divine : avec turban et lunettes de soleil, talons extravagants et paillettes ou peintures phosphorescentes sur la peau. Son spectacle commence avec un rituel traditionnel : elle ouvre une bouteille de rhum et verse quelques gouttes sur la scène, pour que les saints soient les premiers à boire ; elle assure ainsi l’ashé - sorte de bénédiction afro-cubaine - pour un bon show. Par ses paroles, Telmary défend les racines afro de la culture cubaine et l'autonomisation des femmes et, avec une ironie fine, elle aborde la situation politique et sociale en chantant sur des services aussi déficitaires que les transports publics.

Sa musique se distingue par ses paroles riches en rimes et en double sens. Elle provoque, cherche les limites et aime les lignes ténues, mais elle sourit toujours. Telmary est difficile à classer dans les genres de musique traditionnel : pour certains, c'est un interprète du spoken word, pour d'autres elle fait une sorte de jazz rap ; en tout cas, sa musique dégage ashé. Si quelque chose caractérise Telmary, c'est sa présence scénique : elle occupe l'espace avec une énorme énergie, parce qu'elle communique bien et sait s'exprimer. C'est une vrai bête de scène qui fera bouger même les plus calmes d'entre-nous.

Le théâtre Brecht : sa maison

Le Brecht, Telmary s'y produisait déjà le mercredi en tant que chanteuse d'Interactivo, célèbre projet musical qu'elle cofonde en 2002, et elle a depuis plusieurs années maintenant sa propre peña, les deuxième et quatrième samedis de chaque mois. La salle est remplie d'un public plus féminin que masculin, qui s'émancipe en dansant sans, presque, reprendre son souffle, jusqu'à sa fameuse conga finale qui invite sur scène tous ceux désireux de danser. Elle sait créer une ambiance familiale et festive, tant avec le public qu'avec ses musiciens, avec qui elle s’entend à merveille.

Telmary a démarré sa carrière musicale il y a 20 ans, d'abord avec le groupe Free Hole Negro, puis avec Interactivo. Plus tard, elle enregistre son premier disque en solo, A diario, qui a obtenu le prix Cubadisco en 2007. Depuis, elle n'a pas cessé : deux autres disques, tournées internationales, un autre Cubadisco, un prix Juno et une nomination aux Latin Grammy pour son dernier album, Fuerza Arará.

traducteur:

Leysa Buides Secada

Cubanía

Cubanía s’efforce de retranscrire, que ce soit par l’image, le son, ou l’écrit, la vie quotidienne de La Havane et de Cuba à un public hétéroclite, curieux, intéressé, souvent non résidents. Toujours en dehors des grands débats politiques, économiques ou des thèmes couramment traités par les médias officiels, Cubanía souhaite au contraire faire témoigner les Cubains de tous les jours, la société dans son organisation actuelle, à travers des lieux, des traditions, des expressions culturelles parfois méconnues.

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