Editorial

Cubania, c'est à dire "cubanerie", exprime les manies cubaines, les spécificités de l’île, qu'elles soient culturelles, sociales ou historiques. C'est la façon d'être des cubains qui se résume ici, et que nous tenterons de vous faire partager au fil des articles et des rubriques. « Cuba n’est ni le paradis tropical socialiste vanté par ses admirateurs, ni la dictature tyrannique critiquée par ses détracteurs». Afin de mieux comprendre et mieux apprécier ce peuple attachant, ses richesses, ses contradictions, son charme, Cubania vous propose une sélection d'articles édités en français. Introduisant à la lecture d'écrivains, journalistes, économistes, spécialistes, "cubanologues" etc. toujours passionnés, ces articles vous aideront à vous forger votre propre opinion sur le petit pays qui marqua l'histoire américaine et mondiale du 20ème siècle.

Cuba mérite d’être connue par ses réalités, car bonnes ou mauvaises, elles ne laissent jamais insensibles. Nous espérons que vous partagerez cette émotion.

Vive Cuba !

Stéphane Ferrux
& toute l’équipe de Cuba Autrement

MUSIQUE : Interview de Léo Brouwer

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2010
« Il se situe entre les quatre musiciens vivants les plus remarquables des deux cents dernières années [...] »
Léo Brouwer (Photo: La Jiribilla)

Par Rafael Lam Marimón

Traduit par Alain de Cullant

Léo Brouwer célébra son 65 ème anniversaire avec une œuvre musicale. Il commença très jeune à jouer de la guitare pour passer le temps et termine aujourd’hui, passant son temps à la création. C’est un « capo scuola », maestro, musicologue, guitariste, compositeur, chef d'orchestre, écrivain et promoteur musical.

Il se situe entre les quatre musiciens vivants les plus remarquables des deux cents dernières années; inscrit à l'histoire des plus grands guitaristes. En 1988, durant la 22ème Assemblée du Conseil International de la Musique (CIM) de l'UNESCO, l’institution le marqua dans ses statuts comme Membre d'Honneur à Vie, Léo Brouwer se trouve entres les classiques comme Shostakovich, Shankar, Menuhin, Karajan, Ginastera et Villa- Lobos. Parmi ses reconnaissances se trouvent le Prix Manuel de Falla 1998, Espagne; le Prix National de Musique de Cuba, 1999; le Prix MIDEM Classique, Cannes 2003. Plus...

INSOLITE : Le médecin des morts

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2010
« Aura-t-il finalement découvert le mystère de la mort après avoir regardé quotidiennement, face à face, tant de cadavres ? »
Cimetière Christophe Colomb (Photo: Photocuba)

Par : Emilio Roig de Leuchsenring*

Il est nécessaire que dans le cimetière il y ait un individu dédié expressément à faire foi que les cadavres enterrés sont en réalité des cadavres morts. Et cette place peut seulement être occupée par un médecin : le médecin des morts !

Je ne crois pas qu’il soit risqué d’affirmer que dans notre pays, sur dix personnes, quatre sont médecins, quatre sont avocats et les deux autres sont généraux. Les autres professions sont distribuées entre des individus qui, ayant fracassés dans ces carrières ou se trouvant hors service, ont cru opportun de se dédier à quelque chose de plus productif. Il convient de clarifier que de cette dizaine, la moitié, au moins, sont des journalistes, sans que ceci veuille dire qu’ils soient capables d'écrire correctement… ni même une lettre à leur famille. Plus...

INSOLITE : L'espagnol à Cuba

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2010
« Une langue qui en cinq siècles d'exercice en Amérique s’est transformée et s’est enrichie avec l'usage [...] »
Cours d'espagnol (Photo: Photocuba)


Une indisposition soudaine a privé le docteur Víctor García de la Concha, président de l'Académie Royale Espagnole de la Langue, d'offrir la seule conférence qu'il avait programmée durant son bref séjour dans la capitale cubaine. Víctor García de la Concha, qui a reçu le titre de docteur Honoris Causa de l'Université de La Havane, le mardi 25 septembre, allait se référer à la langue espagnole que l'on parle en Amérique, suite à la promotion réalisée par le Centre Culturel d'Espagne. Cela aurait été une occasion magnifique d'écouter l'académicien se référer à l'état actuel de la langue que parlent les Cubains.


Dans son admirable livre de mémoires, J’avoue que j’ai vécu, le poète Chilien Pablo Neruda se réfère à la langue castillane comme le don le plus précieux que les conquistadores ibériens nous ont laissé. « Ils ont tout emmené, mais ils nous ont laissé les mots », dit l'auteur de Résidence sur la terre. Une langue qui en cinq siècles d'exercice en Amérique s’est transformée et s’est enrichie avec l'usage – et l'abus – des personnes qui l’utilisent. L'espagnol de Cuba possède les traces de cet exercice, de ces transformations. Plus...

ART PLASTIQUE : La plastique du XXème siècle : Les visages dispersés (3ème Partie et Fin)

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2010
« La nécessité de trouver des formes plus effectives pour la propagande politique et l'éducation populaire ont stimulé spécialement le dessin graphique. »
La rose isolée de Rostgaard.

L'avènement de la Révolution a marqué le début de la décennie des années 60 dans la culture cubaine. C’était une décennie d'inquiétudes, dont le profil s'avère encore très difficile à découvrir. L'île se remplie de nouveaux découvreurs : Jean Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Margueritte Duras, Antonio Saura. On écoute les Beatles en secret et Pello el Afrokán en public. Un groupe de hippies s’installe dans les jardins de l'Hôtel National. Lezama publie Paradiso et Heberto Padilla El justo tiempo humano. Deux versants esthétiques finissent par dominer le panorama de la plastique : le pop et la « nouvelle figuration ».

La nécessité de trouver des formes plus effectives pour la propagande politique et l'éducation populaire ont stimulé spécialement le dessin graphique. Très curieusement, l'art pop, dont le fondement théorique était en rapport avec la fadaise spirituelle des sociétés mercantilisées, encourageait les créateurs de l'affiche cubaine. Une nouvelle consigne, un événement politique ou culturel, une première cinématographique apportaient avec elle une affiche et sur ces dernières Rostgaard, Frémez, Beltrán, Muñoz Bach, démontraient un office et une fantaisie enviables. Dans un défi ouvert à l'art de galeries, la rue était prise d’assaut : les façades, les rues, les entrées de cinémas, étaient les lieux privilégiés. Deux images persistantes nous assaillent en parlant de cette décennie : la Flora de Portocarrero est passée de la toile pour peupler les affiches, les couvertures des revues, les boîtes de confitures et la rose isolée que Rostgaard a conçue pour l'affiche du Ier Festival de la « Canción Protesta » (Chanson Engagée). Plus...

VILLES : Baracoa, la première ville

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2010
« La région [...] avait alors une pacifique et abondante population indigène [...] »
Statue d'un indigène à Baracoa (Photo: Photocuba)

C’est la première ville de Cuba, mais aussi la plus étonnante. Elle a été la première capitale de l'île, mais elle fut presque oubliée durant cinq siècles. Elle reçut son nom de Colomb, puis rebaptisée par le conquistador Diego Velázquez, et finalement elle retrouvera son nom aborigène, qui signifie « terre des eaux ». Durant longtemps elle parut condamnée à disparaître, mais Baracoa vit…

Cette très belle et énigmatique ville, située dans l'extrémité la plus orientale de l'île, est entrée dans l'histoire quand elle fut visitée durant la première expédition colombienne en l'année 1492. Face à ses côtes, le Grand Amiral a dû sentir plus que  jamais, lors de sa traversée, le tremblement profond que provoque le manque de sexe, car son imagination lui a fait voir sur ces côtes entourées de montagnes une géographie semblable à celle de l'île de Porto Santo, où il avait laissé la belle veuve Felipa Muñiz de Perestrello, parti à la recherche d’un meilleur chemin pour les Indes. Plus...
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