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Bicicletear La Habana

L'événement de cyclisme urbain à La Havane

Auteur:
Allison Le Corre
-
23 juillet 2020

Cubanía

Cubanía s’efforce de retranscrire, que ce soit par l’image, le son, ou l’écrit, la vie quotidienne de La Havane et de Cuba à un public hétéroclite, curieux, intéressé, souvent non résidents. Toujours en dehors des grands débats politiques, économiques ou des thèmes couramment traités par les médias officiels, Cubanía souhaite au contraire faire témoigner les Cubains de tous les jours, la société dans son organisation actuelle, à travers des lieux, des traditions, des expressions culturelles parfois méconnues.

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Bicicletear La Habana est l’occasion parfaite pour un amateur du vélo, de non seulement rencontrer la communauté cycliste havanaise et de la soutenir avec un vélo supplémentaire, mais également de parcourir une vaste partie de la ville en peu de temps en pénétrant des quartiers peu touristiques, le tout dans une ambiance conviviale.

Pour les amateurs du vélo urbain. Pour découvrir des coins inconnus de La Havane tout en participant au mouvement cycliste le plus important de Cuba.

Lorsqu'on se promène dans la capitale cubaine, on voit peu de cyclistes. Face au manque d’infrastructure qui favoriserait le cyclisme urbain, les quelques cyclistes qui existent tendent à être discrets dans les rues de la capitale cubaine. Pourtant, une fois par mois, ils font entendre leur voix. L’événement mensuel Bicicletear La Habana rassemble la communauté naissante de jeunes enthousiastes du vélo, avides de se faire remarquer et de promouvoir « la petite reine » comme moyen de transport durable et pratique dans la ville. Pas de piste cyclable ? pas de problème ! La masse de cyclistes s’impose en groupe dans les rues de La Havane et affirme son existence. En nombre, les cyclistes se protègent mutuellement. C’est le moment pour eux d’investir l’espace qui ne leur est pas octroyée dans la planification urbaine, et d’occuper les rues pacifiquement et sans stress.

Le vélo, un mode de vie

Yasser González, le fondateur de la « masse critique », lance cette initiative en automne 2015. Lui-même cycliste urbain de longue date, il découvre lors d’un voyage en Europe la culture cycliste dynamique de Berlin et réalise la pauvreté de cette culture à Cuba. Depuis la Période Spéciale, la crise économique des années 1990, où le vélo devient par défaut le seul moyen de déplacement face à la crise de transport, le cyclisme urbain souffre d’une stigmatisation de la part de la population et des autorités qui ne le prennent pas en compte. Inspiré par la culture activiste du vélo qu’il découvre en Europe, Yasser lance des activités et événements pour montrer aux Havanais, cyclistes ou pas, que la bicyclette est une belle alternative pour se déplacer en ville. L’idée de Bicicletear La Habana est de développer le goût pour le vélo, et de montrer au-delà de son côté pratique son visage agréable et social.

Pendant quelques années, cette « masse critique », reste assez anecdotique, ne réunissant mensuellement qu’une quinzaine de locos, ou fous en français, ce terme n'a pas seulement une connotation péjorative mais peut également désigner une personne au comportement insolite. À partir de 2016, l’accès croissant à internet et aux réseaux sociaux propulse l’événement de Yasser. Cette manifestation commence à se faire connaître dans différents cercles de La Havane, ce qui fait effet boule de neige. En 2017, la « masse critique » arrive à rassembler plus d’une centaine de personnes tous les mois. C’est aujourd’hui l’événement de cyclisme urbain le plus important de La Havane.

Pédaler dans une ambiance conviviale

Au-delà du caractère activiste de l’évènement, Bicicletear La Habana est surtout l’occasion pour les inconditionnels du 2 roues de se réunir et de pédaler en groupe, dans une ambiance joyeuse et conviviale. On y rencontre des personnes de tout horizon partageant un intérêt commun pour le cyclisme en ville. Qu’on soit puriste, sportif, hipster, débutant, amateur, touriste, ou simplement curieux, on peut s'intégrer sans problème. Le rythme est tranquille et quelques arrêts sont prévus tout au long du parcours.

Le parcours est assez long, de deux à trois heures, et la distance parcourue est d’une vingtaine de kilomètres. Des mécaniciens accompagnent le groupe pour parer à toute défection des engins. Les niveaux de cyclisme sont très variables et de temps à autres, des enfants se joignent à leurs parents. La taille du groupe garantit la sécurité dans la rue vis-à-vis des voitures. Si l’on n’a pas son propre vélo, on peut en louer un dans la boutique au départ du parcours pour 5 CUC. Le bikeshop et leader du groupe fournissent des casques si désirés.

Contrairement aux « masses critiques » cyclistes dans d’autres villes du monde, Bicicletear La Habana ne répète jamais la même route deux fois. Chaque mois, on peut être certain de découvrir de nouveaux itinéraires et d’arpenter différents quartiers en dehors du centre historique et touristique de la ville. La découverte est réciproque : les habitants des quartiers parcourus, peu habitués à voir autant de vélos, réagissent toujours allégrement face au spectacle.

Plan parfait pour le dimanche à La Havane, journée où la ville ralentit. Vous pouvez être assurés de trouver de l’action et de faire des belles découvertes sur deux roues lors de las Bicicletear La Habana.


Cubanía

Cubanía s’efforce de retranscrire, que ce soit par l’image, le son, ou l’écrit, la vie quotidienne de La Havane et de Cuba à un public hétéroclite, curieux, intéressé, souvent non résidents. Toujours en dehors des grands débats politiques, économiques ou des thèmes couramment traités par les médias officiels, Cubanía souhaite au contraire faire témoigner les Cubains de tous les jours, la société dans son organisation actuelle, à travers des lieux, des traditions, des expressions culturelles parfois méconnues.

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