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Conduire à Cuba

Louer une voiture à Cuba : le début de l'aventure

Auteur:
Bertrand Ferrux-Bigueur
Date de publication / actualisation:
30 mai 2024

On dit souvent que conduire à Cuba pour visiter le pays, serait la meilleure solution. Hélas, tout n'est pas si simple et se retrouver au volant d'un véhicule relève parfois de la gageure… Lorsque l'on décide de louer une voiture pour effectuer son circuit à travers tout, ou une partie de la grande île, il est important de connaître les contraintes et plus généralement les spécificités de ce mode de transport.

Devenir la nuit. À l'étranger. Vue sur la route avec voiture classique et végétation des deux côtés. Ciel nuageux
Autoroute vers Guamá. Santiago de Cuba

Louer une voiture

Au moment de la location, il faudra d'abord être attentif à la souscription de l'assurance. Comme dans la plupart des pays, le locataire va payer une garantie en cas de Dommages, la CDW, Collision Damage Waiver. C'est le standard des assurances ; à Cuba, elle couvre les sinistres supérieurs à environ 200$, montant qui représente la valeur de la franchise, suivant la catégorie du véhicule.

Il va sans dire que l'assurance est sans effet lorsqu'on conduit sous l'emprise de l'alcool ou de stupéfiants. Le taux maximum légal est de 80 mg et les contrôles assez fréquent ; ils seront imposés en cas d'accident. La démarche administrative est simple : souffler au nez du contrôleur et selon votre haleine, on décidera si oui ou non, vous êtes en état d'ébriété. Une fois le contrat signé, avec la possibilité de désigner 2 conducteurs différents, et l'état du véhicule vérifié, vous voici sur la route, prêt à « avaler » des kilomètres de bitume, ou parfois de routes plus caillouteuses.

Les règles et pratiques de la route 

Conduire à Cuba est une véritable aventure : entre manque d'indications, conduite farfelue et infrastructures d'un autre temps. Comme dans le reste du continent, la conduite s'effectue à droite, le dépassement se fait par la gauche et les ceintures de sécurité à l'avant sont obligatoires... La réalité peut être tout autre, principalement sur les routes à 4 voies.

Par exemple, la fameuse autopista nacional (l'autoroute nationale) de Pinar del Rio a Sancti Spiritus souvent aussi large qu'une autoroute nord-américaine ne résiste pas aux règles imposées. L'autre voie très fréquentée est la carretera central (route centrale) qui traverse le pays de la province de Pinar del Rio à celle de Guantanamo, d'Ouest en Est sur 1250 kilomètres.

Jour. Extérieur. Au premier plan, une charrette guidée par des bœufs le long de la route. Paysan avec les rênes à la main. Les gens ci-dessus regardent le paysage. Panneau sur le bord de la route. Végétation en arrière-plan.
Un charriot à boeufs sur une route dans la campagne cubaine

Sur l'une ou sur l'autre de ces routes, on peut en effet croiser des voitures à chevaux, des triporteurs, des camions - suivis par des nuages de fumée - et des autobus vieillissants qui semblent ne jamais pouvoir atteindre leur destination. Et encore plus inattendu, quelques animaux de ferme attachés là. Il vaudra alors mieux rouler sur la file de gauche qui sera qui plus est, de meilleure qualité car moins sollicitée.

Il convient également de conduire en respectant les panneaux de limitation de vitesse : 50 km/h en ville, 80 ou 90 sur les routes nationales et 100 km/h sur « l'autoroute ». Les contrôles de vitesse sont fréquents et les radars n'existant pas, ce sera la parole du conducteur contre celle du policier. Ces derniers sont nombreux, principalement dans les villes. Ils verbalisent les excès de vitesse et les fautes basiques du Code de la route. Il y a peu de corruption, mais en cas de problème, ne jamais verser d'argent directement à un policier : les verbalisations sont notifiées sur le contrat de location et seront soldées au retour de la voiture. Généralement, les contraventions s'élèvent entre 250 et 750 CUP.

La signalisation

Lors du circuit, la première difficulté sera certainement de retrouver sa route. Les indications peuvent être peu visibles ou organisées de manière farfelue. Par exemple, si la sortie de la capitale, pour rejoindre la route allant vers l'est semble délicate, l'entrée du fameux tunnel de la baie de la Havane est quant à lui bien souvent … un mystère.

Il est vrai que la signalétique s'est améliorée, principalement sur les grands axes connectant les lieux touristiques, elle reste cependant quasi-inexistante dans le reste du pays. Il faut avant tout se fier à son sens de l'orientation. Si cette qualité est manquante, on peut demander sa route à un piéton : mieux vaut toutefois s'y prendre à plusieurs reprises. Car le premier interlocuteur proposera sûrement de se joindre à vous pour vous indiquer la route. Résultat, vous ne vous retrouverez pas forcément au bon endroit, mais plutôt là où il souhaitait se rendre !

C'est la même aventure avec les auto-stoppeurs car ce mode de circulation est courant, surtout dans les provinces, les transports en commun manquant cruellement. Alors on peut aussi se munir d'une carte routière, plutôt fiable mais peu explicite.

Les cartes digitales et le GPS

C'est surement le meilleur moyen de se repérer. Avant le voyage, car sur place c'est toujours plus difficile de trouver une bonne connexion, penser à télécharger la carte de Cuba, soit avec Google Maps, soit sur Maps.Me, parmi d'autres applications possibles. Avoir la carte sur son téléphone permet de se répérer grâce à la position GPS, sans recourir à la connexion internet, souvent inexistante sur les routes cubaines.

  Télécharger Google Maps

Tapez "Cuba" dans la barre de recherche, puis cliquer sur le bouton « télécharger » dans la barre de navigation s'affichant en bas de votre écran.

pour Iphone

pour Androïde

  Télécharger Maps.me

Possibilité de souscrire à Maps.Me PRO ou de fermer l'annonce pour commencer à utiliser Maps.Me gratuitement. Chercher "Cuba", agrandir la carte. L'application propose de télécharger cette carte.

pour Iphone

pour Androïde

Une route dans une zone rurale. un feu de circulation en mauvais état. Est à l'envers
Un panneau en mauvais état sur une route cubaine

L'état des routes et péages

En dehors des principaux axes, une route bien dessinée sur une carte peut se trouver être impraticable dans la réalité et être un simple chemin de terre.

Alors que toutes les routes sont gratuites à Cuba, on peut être surpris des passages en arche sur l'autoroute ou la route centrale. Ce sont les points de contrôle d'une province à l'autre, qu'il convient de traverser prudemment, la vitesse y étant limitée à parfois 20 km/h et de nombreux piétons s'y trouvant.

L'autre type de point de contrôle de circulation se trouve à l'entrée de toutes les stations balnéaires du pays, l'accès pour les Cubains y étant parfois régulé. Et dans la majorité des cas, à part Cayo Saetia et Cayo Jutia, ce check-point est doublé d'un péage. Les visiteurs devront s'acquitter de 20 CUP en espèce, soit moins de 20 centimes d'euro par voiture. Ces péages sont à l'entrée de Varadero, Cayo Santa Maria, Cayo Coco et Guillermo, Cayo Cruz et Playa Guardalavaca.

Alors toujours prêt à traverser l'île au volant d'une voiture ? Une fois ces alertes données, et les précautions d'usage prises, rouler à Cuba est une activité agréable. Mais le meilleur moyen de découvrir le pays, sans contraintes ni obligations, reste malgré tout la solution du véhicule avec chauffeur.

Auto-stop

Très répandu, surtout dans les provinces. Les Cubains étant généralement accueillants et enclins au contact, c’est un bon moyen de vous faire guider. Afin d’éviter les mauvaises rencontres, il convient toutefois de respecter quelques règles de sécurité : limitez le nombre de personnes à bord (préférer les femmes et les enfants), libérez les sièges arrières de vos effets personnels ou de valeur, restez sur les grands axes et les routes dégagées, de préférence de jour.

Jour. Extérieur. Vue de la route avec un panneau de signalisation, des camions en arrière-plan et deux femmes sur le côté, les mains tendues, arrêtant des voitures.
Faire auto-stop à Varedero

Parking

Où que vous vouliez vous garer, un parcmètre humain sortira de nulle part ! Il y a les officiels qui portent un gilet rouge et appliquent les tarifs affichés établis, mais les plus courants sont les non-officiels, à qui vous donnez ce que vous estimez à votre retour.


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Cubanía s’efforce de retranscrire, que ce soit par l’image, le son, ou l’écrit, la vie quotidienne de La Havane et de Cuba à un public hétéroclite, curieux, intéressé, souvent non résidents. Toujours en dehors des grands débats politiques, économiques ou des thèmes couramment traités par les médias officiels, Cubanía souhaite au contraire faire témoigner les Cubains de tous les jours, la société dans son organisation actuelle, à travers des lieux, des traditions, des expressions culturelles parfois méconnues.

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