Ce que les voyageurs doivent savoir pour protéger la faune et la flore
Auteur:
Cubanía
Date de publication / actualisation:
25 novembre 2025
À Cuba, les souvenirs artisanaux peuvent sembler inoffensifs, mais certains sont fabriqués à partir d’espèces protégées de la faune et de la flore. Connaître la législation locale et les conséquences de ces pratiques est essentiel pour un tourisme responsable et durable.
Dans les marchés colorés de Cuba, parmi les masques, sculptures et artisanat marin, se cachent parfois des objets dont la beauté masque une origine problématique. Certains souvenirs sont fabriqués à partir d’espèces protégées ou menacées. Leur achat alimente un commerce illégal qui met en péril des écosystèmes fragiles et contribue à la disparition progressive d’espèces emblématiques du pays. Comprendre la réglementation locale et les conséquences de ces pratiques est essentiel pour voyager de manière responsable.
Le cadre légal
Cuba applique une réglementation stricte en matière de protection de la faune et de la flore. Trois textes principaux régissent l’achat, la vente, l’import et l’export d’espèces protégées :
- Le Décret-Loi 162 – Code des Douanes : il encadre l’ensemble des procédures douanières et interdit explicitement l’exportation d’espèces animales ou végétales protégées sans autorisation officielle. Les voyageurs doivent obtenir des permis environnementaux pour toute espèce vivante ou transformée destinée à quitter le territoire.
- La Résolution 87/96 du CITMA (Ministère des Sciences, des Technologies et de l'Environnement) : elle définit les espèces protégées à Cuba, fixe les conditions de leur collecte et de leur usage, et précise les sanctions pour violation de la loi, incluant confiscation, amendes et poursuites pénales.
- La Résolution 92/2023 du CITMA : plus récente, elle renforce la protection des espèces menacées et précise les critères de traçabilité et de certification pour tout produit d’origine animale ou végétale. Ces mesures visent à lutter contre le trafic illégal et à préserver la biodiversité insulaire.
En respectant ces réglementations, les voyageurs contribuent à la protection de l’environnement et évitent de lourdes sanctions légales.
Espèces les plus concernées par le trafic
Faune marine
La faune marine figure parmi les secteurs les plus fragiles face au commerce illégal de souvenirs dans plusieurs zones tropicales, et bien que Cuba ne soit pas toujours mentionnée dans tous les rapports, les tendances observées au niveau régional sont révélatrices. La tortue imbriquée (Eretmochelys imbricata), classée en danger critique d’extinction et inscrite à l’Annexe I de la CITES, continue d’alimenter un marché noir de bijoux, peignes et décorations façonnés à partir de sa carapace. Selon WWF, malgré l’interdiction du commerce international depuis des décennies, il existe encore « un volume alarmant d’articles en écailles de tortues vendus clandestinement ». Des enquêtes menées dans la région des Caraïbes, comme celle menée par TRAFFIC et reportée dans le rapport Endangered Souvenirs, montrent que les produits issus de la carapace continuent d’être proposés aux touristes dans plusieurs pays. Les coquillages protégés —notamment Lobatus gigas (lambi) et Eustrombus gigas— ainsi que le corail noir (Antipathesspp.), sont également transformés en lampes, colliers ou décorations artisanales malgré l’interdiction stricte d’exportation sans permis. Ces objets, même s’ils paraissent artisanaux, participent à un commerce global qui menace directement les écosystèmes marins et va à l’encontre des réglementations internationales et cubaines.
Oiseaux et faune terrestre
La faune terrestre protégée à Cuba, comme le perroquet cubain (Amazona leucocephala) ou le catey (Psittacara euops), a longtemps été victime du trafic d’animaux vivants pour le marché illégal des animaux de compagnie. Récemment, des opérations menées par les autorités cubaines ont permis d’intercepter des transports illégaux d'oisillons destinés à la vente, ce qui prouve que, bien que cette pratique ait diminué, elle n’a pas totalement disparu — selon des rapports de CiberCuba décrivant des arrestations liées au trafic de Cotorras (perroquet cubain) en 2025.
Plantes protégées
Certaines essences endémiques les plus appréciées de Cuba, comme le granadillo (Brya ebenus), le júcaro negro (Bucida buceras) et les différentes espèces d’ébène carbonero (Diospyros spp.), sont reconnues pour leur dureté, leur densité et la beauté de leur grain. Elles sont traditionnellement utilisées pour la sculpture, la fabrication d’instruments, d’objets religieux ou décoratifs. Leur exploitation est toutefois strictement encadrée : selon la Liste rouge des arbres cubains, un inventaire scientifique publié par l’organisation Planta! et réalisé par botanistes cubains et internationaux, de nombreuses espèces forestières du pays sont classées comme vulnérables ou menacées en raison de la surexploitation et de la dégradation de leurs habitats. La Liste rouge répertorie l’état de conservation des espèces — de « Préoccupation mineure » à « En danger critique » — et se trouve accessible en ligne sur le site de l’ONG Planta !, qui coordonne depuis plusieurs années l’évaluation des arbres endémiques de Cuba.
Conséquences de l’achat illégal
Acheter un souvenir fabriqué à partir d’espèces protégées a des conséquences multiples. Sur le plan écologique, cela contribue directement à la diminution des populations et à la fragilisation des écosystèmes. Pour les communautés locales, ce commerce profite à des réseaux informels, souvent illégaux, plutôt qu’aux artisans authentiques, et encourage des pratiques non durables. Pour le voyageur, l’achat ou le transport de ces produits peut entraîner la confiscation immédiate, de fortes amendes, et, en cas d’animaux vivants, des poursuites pénales.
Identifier un souvenir illégal
Certains signes permettent de repérer les produits à risque. Les bijoux ou objets à l’aspect “écaille brillante” proviennent souvent de carey (carapace de tortue), les objets noirs denses peuvent être du corail noir, et les bois très lourds ou foncés sont souvent issus d’espèces protégées sans certification. Les animaux vivants proposés à la vente sont toujours interdits.
Voyager en connaissance de cause permet de faire des choix responsables et de respecter la biodiversité.
L’engagement de Cubanía et de nos partenaires
Cubanía est un média culturel et touristique qui promeut un tourisme responsable et informé. Nous mettons en avant les pratiques respectueuses de l’environnement et déconseillons tout achat contribuant au trafic illégal de faune ou de flore.
Toutes les agences réceptives avec lesquelles nous collaborons partagent cet engagement : elles respectent la législation cubaine, les normes internationales telles que CITES et encouragent les voyageurs à protéger les écosystèmes locaux.
Voyager à Cuba implique de respecter ses trésors naturels et culturels. Un souvenir ne devrait jamais coûter la vie d’une espèce.
Cubanía s’efforce de retranscrire, que ce soit par l’image, le son, ou l’écrit, la vie quotidienne de La Havane et de Cuba à un public hétéroclite, curieux, intéressé, souvent non résidents. Toujours en dehors des grands débats politiques, économiques ou des thèmes couramment traités par les médias officiels, Cubanía souhaite au contraire faire témoigner les Cubains de tous les jours, la société dans son organisation actuelle, à travers des lieux, des traditions, des expressions culturelles parfois méconnues.