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Baracoa

La Première Ville de Cuba

Auteur:
Allison Le Corre
-
10 août 2020

Cubanía

Cubanía s’efforce de retranscrire, que ce soit par l’image, le son, ou l’écrit, la vie quotidienne de La Havane et de Cuba à un public hétéroclite, curieux, intéressé, souvent non résidents. Toujours en dehors des grands débats politiques, économiques ou des thèmes couramment traités par les médias officiels, Cubanía souhaite au contraire faire témoigner les Cubains de tous les jours, la société dans son organisation actuelle, à travers des lieux, des traditions, des expressions culturelles parfois méconnues.

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Pour visiter Baracoa, à l’extrême est de Cuba, il faut vouloir s’y rendre, la ville étant presque au bout de tout. Ou au début, c’est selon. La route « la Farola » qui mène à la ville en serpentant dans les montagnes, avec ses onze ponts suspendus et ses passages au-dessus des 600 mètres d’altitude, prouve, à elle seule, qu’on ne se rend pas à Baracoa par hasard. Et surtout, on ne regrette pas le voyage.

Pour faire de la randonnée et se perdre dans la nature tropicale cubaine. Pour les amoureux de la nature et des fruits de mer. Le cacao pur de Baracoa.

D’origine arawak, le mot baracoa signifie existence de la mer. Baptisée « Nuestra Señora de la Asunción de Baracoa », la ville a été la première capitale, premier des sept bourgs fondés par Diego Velázquez de Cuéllar, premier gouverneur de Cuba. Elle fut le point de départ de conquête du reste de Cuba. Comme les montagnes l'isolaient, Santiago de Cuba fut proclamée en 1517, nouvelle capitale. Quatre siècles durant, Baracoa réussit à survivre grâce à la contrebande et au faible commerce du cacao.

À l’arrivée au pouvoir de Fidel Castro, la condition de Baracoa changea significativement avec la construction d’une route entre les montagnes, La Farola, la reliant à Santiago de Cuba. Baracoa reste pourtant un lieu reculé, certains disent que c'est « une île dans une île » : difficile d’accès, son isolement est à la fois sa malchance et son charme. La ville a un air d’antan, avec sa petite forteresse et ses rues bordées d’édifications délabrées et humbles, aux auvents en tuiles rouges soutenus par des encadrements en bois vétuste.

Le plus captivant dans Baracoa est sa nature environnante. Dès qu’on franchit les montagnes baracoaises, on a l’impression de mettre les pieds dans le jardin d'Eden. La région compte 29 rivières au total, qui serpentent entre les montagnes, vallées, plantations de cacao, et se jettent dans la mer.

Que faire ?

Réputée pour sa cuisine régionale, on déguste à Baracoa les plats typiques avec fruits de mer, noix de coco et autre produits que l’on ne trouve qu'ici. Pour s’imprégner de la culture culinaire de la région, le mieux est de participer à un cours de cuisine. Il est recommandé d'explorer le monde du cacao, de sa culture à sa production et dégustation, en se rendant sur la ferme de producteurs locaux de cacao artisanal.

La côte orientale, zone encore vierge, est riche en possibilités inexploitées pour les randonnées pédestres et le tourisme écologique, tels les randonnées jusqu’au sommet d’El Yunque et à travers le parc national Alexandre von Humboldt, situé à proximité. Une autre belle expérience sera de parcourir la rivière Yumurí. Des excursions en canot sont proposées depuis son embouchure jusqu’à sa source.

La rivière Duaba est également à explorer, eaux cristallines, piscines naturelles, cascades et criques. Un sentier la longe jusqu’au pied du Yunque puis elle se jette dans la mer sur la plage de Cajobabo, là où le général indépendantiste Maceo débarqua en 1895, pour se joindre à José Martí et ainsi commencer la dernière guerre d’indépendance. On y trouve un monument en l'honneur du débarquement.

Pour les amateurs de vélo, les locations existent afin d’arpenter les sentiers qui longent les rivières. On peut se rendre dans des réserves naturelles à proximité de Yara Mayajara ou de la vallée de Jamal, moins fréquentées que celle du Yunque et du Parc Humbolt mais qui disposent de vues toutes aussi belles. On y croise les paysans locaux sur la route.

L’isolement de Baracoa a favorisé la préservation d’une culture locale distincte, imprégnée de traditions des populations autochtones, comme les danses et musiques traditionnelles, Nengón y Quiribá, que l’on dit à l’origine du Changui. Rencontrer une famille qui préserve et reproduit ces traditions, est une bonne alternative pour apporter de la richesse culturelle à son voyage.

Les Bonnes Adresses

Ville avec le plus grand nombre de casas particulares par habitant. Celles qui sont bien conçues fonctionnent avec un service de qualité, des chambres très confortables, et souvent une belle terrasse au dernier étage avec vue sur la baie et les montagnes.

Niveau gastronomie, tous les restaurants dans la ville de Baracoa appliquent la même formule de « cuisine authentique baracoaise ». Certains se démarquent et offrent des possibilités plus audacieuses et originales, comme le restaurant végétarien Baracoando – une expérience plus qu’un restaurant – et la Casa de Ortiz récemment ouverte, où le chef Ineldis Ortiz propose de la cuisine baracoaise d’auteur.

Cependant, la véritable cuisine baracoaise se trouve à la campagne, avec des produits de qualité supérieure et cuisinés de façon traditionnelle. Pour la découvrir, faire une pause au Restaurant familial La Marinera à côté du Yumurí.

Pour une soirée avec une superbe vue, on recommande de monter les escaliers du Castillo pour prendre un verre au coucher de soleil dans le Mirador.


Cubanía

Cubanía s’efforce de retranscrire, que ce soit par l’image, le son, ou l’écrit, la vie quotidienne de La Havane et de Cuba à un public hétéroclite, curieux, intéressé, souvent non résidents. Toujours en dehors des grands débats politiques, économiques ou des thèmes couramment traités par les médias officiels, Cubanía souhaite au contraire faire témoigner les Cubains de tous les jours, la société dans son organisation actuelle, à travers des lieux, des traditions, des expressions culturelles parfois méconnues.

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