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Rencontre de Danzoneros « Miguel Faílde In Memoriam »

Le Festival qui fait revivre la tradition de la danse nationale de Cuba

Auteur:
Ariadna Martín Díaz
-
29 juillet 2020

Cubanía

Cubanía s’efforce de retranscrire, que ce soit par l’image, le son, ou l’écrit, la vie quotidienne de La Havane et de Cuba à un public hétéroclite, curieux, intéressé, souvent non résidents. Toujours en dehors des grands débats politiques, économiques ou des thèmes couramment traités par les médias officiels, Cubanía souhaite au contraire faire témoigner les Cubains de tous les jours, la société dans son organisation actuelle, à travers des lieux, des traditions, des expressions culturelles parfois méconnues.

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Découvrez une des traditions musicales les plus importantes de Cuba : le danzón, peu connu mais essentiel à la culture cubaine, dans sa ville d’origine, Matanzas.

Public de tous âges amateurs de la musique traditionnelle cubaine. Pour écouter et danser le danzón, pour profiter des concerts de grands musiciens du genre dans son territoire autochtone.

Tous les ans depuis 2015, Matanzas invite à redécouvrir la danse nationale de Cuba, le danzón, une danse de salon à l’origine du son et d’autres musiques traditionnelles cubaines. La Rencontre Internationale Danzonero rend hommage à la tradition du danzón et à son créateur, le Matancero Miguel Failde, tout en célébrant la ville à l’origine du genre musical, Matanzas. C’est l’occasion de revivre l’époque de splendeur de « l’Athènes de Cuba », contexte qui propulse cette danse de salon, dans une époque où l’aristocratie sucrière transforme Matanzas en centre important de la haute culture cubaine. Lors de cette rencontre, les meilleurs orchestres de Cuba animent la ville de musiques traditionnelles et les couples amateurs du danzón se réunissent pour exhiber fièrement leurs pas.

Le danzón, une tradition en perdition ?

Le festival se déroule en trois journées agrémentées de musique live et de danse, qui font revivre « l’Athènes de Cuba », chaque printemps : les places, les théâtres, les salles de concert et les espaces publics de la ville se chargent de musiques traditionnelles cubaines. Dans l’objectif de sauver et faire perdurer cette tradition, l'événement organise aussi des activités théoriques, telles que des conférences et présentations de livre.

Ce rendez-vous annuel est organisé par l'Entreprise d´enregistrements et d´éditions musicales (EGREM) conjointement avec d'autres institutions du ministère de la Culture. Fondé en 2015, il voit le jour grâce aux efforts des musiciens de Matanzas et surtout à l´engagement d’Ethiel Faílde. Actuellement directeur de l'orchestre Miguel Faílde, qui porte le nom que son arrière-grand-père, Ethiel promeut avec enthousiasme le danzón dans l'île, en redonnant un élan de jeunesse à une tradition perpétuée surtout par une population âgée.

Le danzón : danse nationale de Cuba

Le 1er janvier 1879, les notes de Las Alturas de Simpson, le premier danzón de l'histoire, ont été jouées dans le liceo de la ville de Matanzas. Autrefois un établissement culturel qui accueillait des personnalités de renom, où l'on proposait des spectacles, des soirées littéraires et des conférences a un public nombreux, le liceo est aujourd'hui devenu Salle White, siège de l´Orchestre symphonique de Matanzas. Ce nouveau genre musical, créé par Miguel Faílde, transforma les sonorités de la musique de danse européenne en rythme authentique cubain et est devenu une danse extrêmement populaire dans l'aristocratie créole de l´époque. Au cours de la première moitié de XXe siècle, on dansait déjà au rythme du danzón en Amérique Latine et aux États-Unis, lorsque celle-ci devenait la danse nationale de Cuba.

Plus d'un siècle après sa création, les musiciens et danseurs cubains se mobilisent pour préserver cette tradition. Leur grand défi ? Rendre le danzón plus moderne, attirer les jeunes, l'adapter au contexte actuel sans pour autant qu'il perde son essence. C'est précisément l’objectif principal de la Rencontre Internationale de Danzoneros de Matanzas.

Musique live et danse à la portée de tous

L'événement principal du festival est un concours international de danseurs du style, qui invite tous les amateurs à y participer. Bien que la majorité des passionnés du danzón soit un peu âgée, le concours appelle à la participation de tous, enfants inclus. Ces concours sont le moment de transmission de la tradition du danzón d’une génération à l’autre.

C’est pourtant un autre événement qui attire principalement l’attention du public : une rencontre traditionnelle appelée « Mano a Mano ». Dans la grande place de la ville, Plaza Vigía, l’orchestre Failde met un autre orchestre invité au défi. Sur deux scènes face à face, les deux orchestres se confrontent et jouent en alternance dans un combat du meilleur danzón.

C’est ainsi que la musique traditionnelle cubaine, même au-delà du danzón et dazonete, investit complètement la ville. Les danzoneros assurent un spectacle live constant, une démonstration de cet héritage culturel et créent des espaces conviviaux de musique et de danse ouverts à tous. Les scènes principales de cette manifestation sont des lieux emblématiques de l’époque dorée de Matanzas : la Salle White, le théâtre Sauto, récemment restauré, le parc de la Liberté et la place de La Vigía.

Jusqu’à présent, des musiciens renommés du répertoire national comme Omara Portuondo, Alejandro Falcón, Beatriz Márquez, le Septeto Santiaguero et l’orchestre Aragón se sont unis à la liste des participants, contribuant au prestige du festival. Tous les passionnés de musique populaire et traditionnelle cubaine devraient s’y rendre pour découvrir deux éléments fondateurs de la culture musicale cubaine : le danzón et la ville de Matanzas.

traducteur:

Talía Rodríguez

Cubanía

Cubanía s’efforce de retranscrire, que ce soit par l’image, le son, ou l’écrit, la vie quotidienne de La Havane et de Cuba à un public hétéroclite, curieux, intéressé, souvent non résidents. Toujours en dehors des grands débats politiques, économiques ou des thèmes couramment traités par les médias officiels, Cubanía souhaite au contraire faire témoigner les Cubains de tous les jours, la société dans son organisation actuelle, à travers des lieux, des traditions, des expressions culturelles parfois méconnues.

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