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Gibara

La Ville Blanche

Auteur:
Allison Le Corre
-
17 août 2020

Cubanía

Cubanía s’efforce de retranscrire, que ce soit par l’image, le son, ou l’écrit, la vie quotidienne de La Havane et de Cuba à un public hétéroclite, curieux, intéressé, souvent non résidents. Toujours en dehors des grands débats politiques, économiques ou des thèmes couramment traités par les médias officiels, Cubanía souhaite au contraire faire témoigner les Cubains de tous les jours, la société dans son organisation actuelle, à travers des lieux, des traditions, des expressions culturelles parfois méconnues.

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Gibara est aujourd’hui connu pour le Festival de Cinéma célébré annuellement. Pourtant ce petit village côtier, à l’est du pays, mérite bien un détour hors festival afin de découvrir la vie authentique du village et de profiter de la tranquillité de ses rues pittoresques, des petites maisons de bois de couleurs ternies par le vent, vestiges d’une époque de splendeur lointaine…

Les amoureux de la mer et des villages côtiers. Pour profiter d'un village authentiquement cubain et déguster des fruits de mer. Les rues pittoresques.

L’élégance du village suggère une époque de prestige et de richesse hors du commun permises par sa position de port cubain le plus proche de l’Europe. Les richesses attirèrent une population entrepreneuse et prospère, qui transforma Gibara en un centre culturel et économique dynamique. Elle reçut la visite d’Européens renommés, telle la danseuse Isadora Duncan. Durant la Guerre d’Indépendance, la destruction lui est épargnée. L’envolée républicaine lui vaut de recevoir, un grand soutien culturel.

Sa géographie privilégiée fut également sa malédiction. Lorsque sa voisine, Holguín, ne pouvant accepter la prospérité de Gibara, la pilla, et ce, des décennies durant. Elle fut également la première à recevoir, de manière simultanée, des attaques aériennes, maritimes et terrestres… Depuis le milieu du siècle dernier, Gibara tente très lentement de se reconstruire. Elle doit composer avec le flux migratoire de jeunes vers l’extérieur, le plus élevé du pays. Vulnérable face aux ouragans, isolée, Gibara fut pendant longtemps une ville qui lutta pour se maintenir à flot.

La beauté fatiguée et délavée des rues du village nous montre cette histoire de splendeur frustrée. Le réalisateur Humberto Solás découvre cette ville pleine de charme et de mélancolie, lors du tournage de son film Lucía. Séduit, il décide de fonder en 2002 un festival de cinéma qui repositionne Gibara sur la carte des Cubains et la ré-ouvrira au monde. C’est grâce à lui que Gibara a repris un peu de vie aujourd’hui, durant et hors période de festival. Des Havanais et étrangers viennent en masse chaque année pour découvrir son histoire à travers le cinéma.

Que Faire ?

L’idéal, bien sûr, est de venir à Gibara en période de festival. Cependant, si l’on s’y rend hors période de festival, le village devient une destination tranquille et paisible, une pause en comparaison au rythme truculent des villes de Santiago, Bayamo et Holguín. Séjourner dans le village permet de rester connecté à la vie locale, à l'inverse des hôtels de la plage qui se trouve à proximité de Guardalavaca.

À Gibara, il faut tout d’abord se promener et se perdre dans les rues. Rencontrer la population locale, chaleureuse et accueillante. Arpenter des places élégantes, bien que délavées, et prendre un café dans les hôtels récemment restaurés ou déjeuner dans les restaurants cachés à l’intérieur des patios des petites maisons de bois…

Ensuite, une visite du musée de sciences naturelles permet de découvrir les espèces endémiques des environs ainsi que des photographies du Gibara d’antan. La grotte des Pandeiros à proximité du village permet d'observer les formations géologiques uniques de la région.

Pour une petite aventure matinale et goûter l'eau de la mer, peu accessible depuis le village bien qu’elle en soit proche, il est possible de traverser la baie en petit bateau de pêcheur pour rejoindre la Playa Blanca.

Le soir, la ville s’endort sauf dans El Almacén, ruine d’un ancien dépôt au bord de la mer restaurée pour accueillir les soirées du Festival, ou dans le Bar Siglo XXI où l’on peut profiter d’un Septeto (groupe de musique traditionnelle composé de 7 musiciens) live.

Les Bonnes Adresses

Le Festival de Gibara a engendré une vague de restauration dans cette ville élégante et oubliée, de nombreux hôtels ont ainsi retrouvé leur splendeur d’antan, comme l’Hôtel Ordoño. De nombreuses casas privées de très haut standing se sont érigées dans le village pour accueillir les personnalités qui viennent lors du Festival. Il est plus aisé de trouver un bon logement ici dans le village que dans les villes principales environnantes qui reçoivent moins de touristes.

Pour se restaurer, le moindre restaurant sert du poisson, crevettes et poulpe fraîchement pêchés localement. On trouve plusieurs casas qui ont transformé leur patios en restaurant à l’occasion du Festival et le maintiennent ainsi toute l’année.


Cubanía

Cubanía s’efforce de retranscrire, que ce soit par l’image, le son, ou l’écrit, la vie quotidienne de La Havane et de Cuba à un public hétéroclite, curieux, intéressé, souvent non résidents. Toujours en dehors des grands débats politiques, économiques ou des thèmes couramment traités par les médias officiels, Cubanía souhaite au contraire faire témoigner les Cubains de tous les jours, la société dans son organisation actuelle, à travers des lieux, des traditions, des expressions culturelles parfois méconnues.

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